Hong Kong: L'exécutif accuse des «forces étrangères», les étudiants se moquent de lui

CHINE Leung Chung-ying n'a pas désigné de pays, mais des médias chinois ont déjà mis en cause les Etats-Unis au cours des trois dernières semaines...

N.Beu. avec AFP

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Des manifestants pro-démocratie brandissent une pancarte à l'effigie de Leung Chun-ying, grimé en Hitler, à Hong Kong, le 1er octobre 2014.
Des manifestants pro-démocratie brandissent une pancarte à l'effigie de Leung Chun-ying, grimé en Hitler, à Hong Kong, le 1er octobre 2014. — PHILIPPE LOPEZ / AFP

Qui est derrière le soulèvement des manifestants pro-démocratie à Hong Kong? Si personne n'avait posé la question jusque-là, le chef de l'exécutif de l'île a, lui, la réponse: des «forces étrangères».

Leung Chung-ying a déclaré que des «forces extérieures» originaires d'autres pays attisaient les flammes du mouvement prodémocratie qui vu depuis le 28 septembre descendre dans la rue des dizaines de milliers de manifestants et occuper trois sites du territoire autonome sous tutelle chinoise. Le numéro un du gouvernement local a toutefois refusé d'identifier ces «forces extérieures». «Je ne veux pas aller dans les détails, mais il ne s'agit pas entièrement d'un mouvement interne», a-t-il dit dimanche soir à une chaîne de télévision de Hong Kong.

La Chine inflexible

Les médias officiels chinois ont accusé à plusieurs reprises des «forces anti-chinoises» comme les Etats-Unis de manipuler les protestataires. Pékin a mis en garde contre toute ingérence étrangère dans les événements de Hong Kong. Leung, qui est considéré par le mouvement prodémocratie comme la marionnette de Pékin, a déclaré que les manifestations avaient désormais «échappé à tout contrôle». Il a appelé à un «règlement pacifique et sensé du problème».

En réponse, les protestataires se sont moqués de lui, justifiant leur mouvement par leur soif de libertés démocratiques et leur mécontentement face aux inégalités croissantes dans l'ancienne colonie britannique. «Mes liens avec l'étranger se limitent à mon téléphone coréen, mon ordinateur américain et mon Gundam japonais [série animée où les robots figurent en bonne place]. Et bien sûr, tout ça est "Made in China"», a ironisé Joshua Wong, un des leaders des étudiants, qui sont à la pointe du mouvement.

Les manifestants réclament toujours la démission de Leung Chun-ying et l'instauration d'un véritable suffrage universel dans le territoire autonome qui vit sa plus grave crise politique depuis sa rétrocession à la Chine en 1997. Si la Chine a accepté le principe du suffrage universel pour l'élection du prochain chef de l'exécutif en 2017, elle entend conserver le contrôle des candidatures.