Des ministres tout juste nommés par le Premier ministre japonais Shinzo Abe le 3 septembre 2014. Midori Matsuhima (à droite), à la Justice, et Yuko Obuchi (en bleu), à l'Industrie, on toutes deux présenté leur démission.
Des ministres tout juste nommés par le Premier ministre japonais Shinzo Abe le 3 septembre 2014. Midori Matsuhima (à droite), à la Justice, et Yuko Obuchi (en bleu), à l'Industrie, on toutes deux présenté leur démission. — Noriaki Sasaki/AP/SIPA

JAPON

Japon: Deux femmes ministres démissionnent coup sur coup du gouvernement

Les ministres de la Justice et de l'Industrie, impliquées dans deux affaires distinctes, avaient été nommées il y a six semaines...

Début de crise dans l’administration de Shinzo Abe. Ce lundi, le Premier ministre japonais a été confronté aux démissions, à quelques heures d’intervalle, de deux femmes à la tête de ministères clés de son gouvernement, impliquées dans des affaires distinctes. Le coup est dur pour Shinzo Abe, qui avait nommé cinq femmes dans son remaniement ministériel le mois dernier, égalant ainsi le record de parité pour un gouvernement japonais.

La ministre de la Justice, Midori Matsushima, est soupçonnée d'avoir violé le code électoral en distribuant de petits éventails avec son portrait et son nom à des électeurs de sa circonscription. Elle a annoncé sa démission quelques heures après Yuko Obuchi, la ministre de l’Industrie, a qui sont reprochées des irrégularités dans l’utilisation de fonds politiques.

Limiter l'impact négatif

Elle aurait dépensé entre 2007 et 2012 plus de 10 millions de yens (près de 74.000 euros) sans aucun rapport avec ses activités politiques, notamment pour acheter des produits de beauté dans des grands magasins. Certains de ses partisans se sont par ailleurs vu offrir des places de théâtre, pour un coût total de 26 millions de yens.

«C'est moi qui les avais nommées. En tant que Premier ministre, j'en assume la responsabilité et je m'excuse profondément», a déclaré Shinzo Abe qui, confronté aux premières démissions de ministres depuis son retour au pouvoir fin 2012, devrait maintenant tenter de limiter l’impact négatif de ces affaires. Il chercherait ainsi un successeur à Yuko Obuchi parmi des parlementaires ayant déjà occupé des fonctions ministérielles, et présentant ainsi moins de risques d’implication dans un scandale politique.