Japon: Démission de la ministre de l'Industrie sur fond de scandale

JAPON Yuko Obuchi avait été nommée début septembre, au côté de quatre autres femmes, dans le cadre d'un remaniement destiné à promouvoir la place de la gent féminine dans la société...

M.C. avec AFP

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La ministre japonaise de l'Economie, Yuko Obuchi, répond aux questions lors d'une session de la commission économique au Parlement, le 16 octobre 2014 à Tokyo
La ministre japonaise de l'Economie, Yuko Obuchi, répond aux questions lors d'une session de la commission économique au Parlement, le 16 octobre 2014 à Tokyo — Kazuhiro Nogi AFP

La ministre japonaise de l'Industrie, Yuko Obuchi, soupçonnée d'irrégularités dans l'utilisation de fonds politiques, a annoncé sa démission lundi, un coup dur pour le Premier ministre conservateur Shinzo Abe qui en avait fait une figure emblématique de son nouveau gouvernement.

Yuko Obuchi avait été nommée début septembre, au côté de quatre autres femmes, dans le cadre d'un remaniement destiné à promouvoir la place de la gent féminine dans la société et à redonner un nouvel élan à son mandat. «Je vais démissionner et me concentrer sur l'enquête relative aux dépenses mises en cause», a-t-elle déclaré lors d'une conférence de presse diffusée en direct à la télévision, à l'issue d'un entretien d'une demi-heure avec le Premier ministre.

L'élégante ministre de 40 ans, visiblement éprouvée, a présenté ses excuses, avant de s'incliner longuement devant une nuée de journalistes. Il s'agit de la première démission d'un ministre depuis l'arrivée au pouvoir de Shinzo Abe fin 2012.

Convaincre de la «nécessité» de redémarrer des réacteurs nucléaires

Fille de l'ancien Premier ministre Keizo Obuchi, mère de deux jeunes enfants, Yuko Obuchi était la première femme à prendre la tête du fameux Meti, le lieu stratégique où se décident les orientations industrielles du Japon, même si cette institution, autrefois appelée Miti, a un peu perdu de sa puissance depuis la création d'un poste séparé de la Revitalisation économique. Elle avait pour première mission de convaincre les riverains des centrales nucléaires de la nécessité de redémarrer des réacteurs, tous à l'arrêt depuis la catastrophe de Fukushima en mars 2011.

D'après des informations de presse, la députée aurait dépensé de 2007 à 2012 plus de 10 millions de yens (près de 74.000 euros) sans aucun rapport avec ses activités politiques, notamment pour acheter des produits de beauté dans des grands magasins. L'organisme chargé de lever des fonds pour elle a par ailleurs déboursé 3,62 millions de yens dans une boutique appartenant au mari de sa soeur. Enfin, des partisans de Yuko Obuchi se sont vu offrir des places de théâtre sur de l'argent collecté à des fins politiques, pour un coût total de 26 millions de yens.