«Plus personne ne poste de selfies avec des têtes tranchées»... Daesh appelle à la prudence sur les réseaux sociaux

TERRORISME L'organisation terroriste, qui craint que les métadonnées des contenus envoyés par les djihadistes révèlent des informations précieuses sur eux, distribue un manuel de «bonne conduite»...

M.C.

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Image extraite d'une vidéo postée sur les réseaux sociaux par un compte utilisé par Daesh, le 28 juin 2014.
Image extraite d'une vidéo postée sur les réseaux sociaux par un compte utilisé par Daesh, le 28 juin 2014. — AP/SIPA

Tweets géolocalisés, visages et lieux identifiables… Daesh, dont les militants font une utilisation intensive des réseaux sociaux pour leur propagande, craint à présent que la pratique ne se retourne contre eux. L’organisation terroriste aurait ainsi distribué un manuel en arabe à ses combattants détaillant la procédure à suivre pour retirer les métadonnées des contenus mis en ligne. «Un certain nombre de failles de sécurité ont permis à l’ennemi d’identifier certains frères ou certains lieux utilisés par les moudjahidine», peut-on y lire selon le Financial Times, qui a pu le consulter.

Le manuel détaille les failles de sécurité par lesquels les djihadistes rendent involontairement publiques «des données qui ont de quoi vous donner des cheveux blancs», et prévient que ces données ne sont pas seulement dans les images, mais aussi les fichiers PDF et Word et les vidéos. Il est encore conseillé aux djihadistes de ne pas tweeter de noms de personnes ou de lieux, et d’éviter les photos qui permettent d’identifier les individus. Selon Darien Kindlund, directeur de recherche de FireEye, une entreprise de cyber sécurité américaine, ces métadonnées fournissent des informations précieuses aux agences de renseignement.

«Plus personne ne poste de selfies avec des têtes tranchées»

De fait, les membres de l'organisation se montrent plus prudents. Selon le propriétaire d’un cybercafé dans une zone contrôlée par Daesh en Syrie, les djihadistes seraient de moins en moins nombreux à utiliser des réseaux sociaux comme Twitter: «Certains sont toujours connectés, mais plus personne ne poste de selfies avec des têtes tranchées», affirme-t-il au Financial Times.

A Raqqa, en Syrie, Daesh se méfierait aussi des réseaux wifi et des amplificateurs de signal utilisés pour élargir la zone couverte par internet, quand les centres de télécoms ont été détruits par les bombardements américains. Ces signaux seraient facilement interceptés par les agences de renseignement étrangères, qui pourraient ainsi identifier les téléphones et autres appareils connectés dans la zone.