La Turquie confirme sa décision de former et d'équiper les rebelles syriens modérés

MONDE Les États-Unis ont indiqué vendredi qu'Ankara avait accepté, sur leur pression, de former et d'équiper les rebelles de l'opposition syrienne modérée...

20 Minutes avec AFP

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Le Premier ministre turc Ahmet Davutoglu devant le parlement à Ankara, le 1er septembre 2014
Le Premier ministre turc Ahmet Davutoglu devant le parlement à Ankara, le 1er septembre 2014 — Adem Altan AFP

Le Premier ministre turc Ahmet Davutoglu a confirmé dimanche que son pays allait renforcer les capacités militaires de «l'opposition modérée» syrienne afin d'en faire une «troisième force» entre le régime de Damas et les jihadistes.

«Cette troisième force doit représenter toutes les parties de la Syrie»

«Nous avons besoin maintenant d'une force de sécurité qui protège le peuple syrien à la fois contre l'EI (le groupe État islamique) et contre le régime», a déclaré Ahmet Davutoglu dans un entretien accordé au quotidien Milliyet paru dimanche.

«La solution, c'est une troisième force autre que le régime et l'EI qui représente le peuple syrien et qui est composée de Syriens, pas de combattants étrangers», a-t-il précisé. «Cette troisième force doit représenter toutes les parties de la Syrie, la Coalition nationale syrienne et l'opposition remplissent déjà ces conditions». Les États-Unis ont indiqué vendredi qu'Ankara avait accepté, sur leur pression, de former et d'équiper les rebelles de l'opposition syrienne modérée.

«Cette force serait l'opposition modérée»

Malgré le feu vert de son Parlement, le gouvernement islamo-conservateur turc refuse d'intervenir militairement contre les jihadistes aux côtés de la coalition internationale dirigée par les États-Unis, notamment pour venir en aide à la ville frontalière kurde de Syrie Kobané (Aïn al-Arab en langue arabe), assiégée par l'EI.

La Turquie juge les frappes aériennes de la coalition insuffisantes et redoute qu'elles ne renforcent par ricochet le président Bachar al-Assad, sa bête noire.Elle continue d'exiger la création dans le nord de la Syrie d'une zone-tampon doublée d'une zone d'exclusion aérienne destinée à protéger les réfugiés et les quelques secteurs du territoire syrien tenus par l'opposition modérée, aujourd'hui moribonde.

Hormis la France, les alliés de la Turquie ont accueilli cette idée avec une extrême réserve. «Une autre force serait souveraine sur le terrain grâce à la protection aérienne qui lui serait offerte, cette force serait l'opposition modérée», a plaidé dimanche Ahmet Davutoglu.