Gaza: Comment peut s’organiser la reconstruction de l'enclave palestinienne

GAZA Alors que la communauté internationale se réunit au Caire, de nombreuses interrogations subsistent autour des conditions de reconstruction de Gaza…

Anissa Boumediene

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Le secrétaire d'Etat américain Jphn Kerry s'est engagé à verser une aide immédiate de 212 millions de dollars pour la reconstruction de Gaza.
Le secrétaire d'Etat américain Jphn Kerry s'est engagé à verser une aide immédiate de 212 millions de dollars pour la reconstruction de Gaza. — C.Kaster/AP/SIPA

L’événement rassemble une trentaine de chefs de la diplomatie, dont le secrétaire d'Etat américain John Kerry et le ministre français des Affaires étrangères Laurent Fabius, et des organisations internationales, aux côtés du secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon. L’objectif de cette conférence internationale pour Gaza: tout reconstruire. Dévastée par cinquante jours de guerre cet été, l’enclave palestinienne n’est plus qu’un champ de ruines où tout doit être rebâti. La communauté internationale va mettre la main au portefeuille, mais de nombreuses interrogations subsistent autour des conditions de la reconstruction, dans une bande de Gaza toujours sous blocus israélien.

Lever des fonds

Depuis l’opération «Bordure protectrice», lancée par Israël le 8 juillet, 100.000 Gazaouis se sont retrouvés sans abri dans l’enclave exiguë et surpeuplée. Face à l’urgence de reloger sa population, l'Autorité palestinienne a présenté un projet de reconstruction de Gaza évalué à quatre milliards de dollars, dont la plus grande partie sera affectée à la construction de logements. Mais demander ne veut pas dire obtenir, et si des Etats ont d’ores et déjà annoncé le montant de leur aide pour Gaza, la somme devrait tout de même être difficile à atteindre.

Dans un premier temps, John Kerry a annoncé depuis le Caire le versement d’une «aide immédiate de 212 millions de dollars». L’Allemagne et la Suède vont aussi contribuer, mais le gouvernement palestinien pourra surtout compter sur le soutien d’un généreux donateur, le Qatar, qui a promis une contribution immédiate d’un milliard de dollars, soit l’aide la plus importante allouée à la reconstruction.

Reconstruire malgré le blocus

Lever des fonds n’est qu’un premier obstacle à la reconstruction de la bande de Gaza. Même si le gouvernement d’union parvenait à récolter les quatre milliards de dollars qu’il réclame, rien n’indique que la reconstruction se déroulera sans encombre, bien au contraire. Sous blocus israélien depuis huit ans, Gaza ne peut rien importer sans l’aval de l’état hébreu qui, au nom de la sécurité, ignore les requêtes du gouvernement palestinien, qui voudrait que les points de passage vers Israël et l’Egypte soient de nouveau ouverts à la circulation des hommes et des marchandises.

Mais Israël craint que le Hamas n’utilise ces matériaux bruts à des fins militaires, notamment pour creuser des tunnels. Or, si Israël refuse d’ouvrir les points de passage, aucun chantier ne pourra démarrer. Quand bien même le gouvernement d’union disposerait des fonds nécessaires grâce aux contributions des donateurs internationaux, difficile de bâtir quoi que ce soit si les matériaux ne peuvent entrer dans la bande de Gaza.

Présent à la conférence internationale, Ban Ki-moon a annoncé depuis la capitale égyptienne qu'il se rendra à Gaza mardi. «Je vais visiter Gaza mardi pour écouter directement les gens de Gaza», a-t-il déclaré, avant d’appeler Israéliens et Palestiniens à reprendre leurs négociations de paix qui avaient échoué en avril.