Après Ebola, le virus de Marburg fait trembler l’Ouganda

EPIDEMIE Le pays a annoncé dimanche qu'un technicien hospitalier de 30 ans était décédé de la fièvre hémorragique à virus de Marburg, de la même famille qu’Ebola…

C.P. avec AFP
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Vue de Kampala, la capitale de l'Ouganda en 2012.
Vue de Kampala, la capitale de l'Ouganda en 2012. — John Green/NEWSCOM/SIPA

La situation n’est pas encore critique mais elle est assez grave pour que le président ougandais Yoweri Museveni s'adresse en personne à la population. «Si je ne serre pas de mains, je vous en prie, ne pensez pas que je suis impoli, nous devons cesser» de nous serrer la main, a déclaré le président lors d'une prière nationale matinale mercredi dans la capitale Kampala. «Pour contrôler Ebola et Marburg, soyez ouverts d'esprit et dites que vous ne pouvez pas serrer la main», a-t-il poursuivi. «Nous avons cette faiblesse en Afrique, de ne pas regarder la réalité en face», a ajouté Yoweri Museveni.

Une seule victime

L'Ouganda a annoncé dimanche qu'un technicien hospitalier de 30 ans, employé d'un établissement de Kampala, était décédé le 28 septembre de la fièvre hémorragique à virus de Marburg. Au total, 99 personnes, qui ont été en contact avec la victime, ont été placées sous surveillance. Trois personnes, présentant des symptômes de la maladie, sont actuellement à l'isolement dans l'attente des résultats de tests.

Deux d'entre elles sont soignées dans le centre national d'isolement d'Entebbe, près de Kampala. La troisième, un enfant de 7 ans, est à l'isolement à Mpigi, à 35 kilomètres au sud-ouest de la capitale.

Le gouvernement a à plusieurs reprises appelé la population ougandaise à «rester vigilante» et à respecter un certain nombre de précautions pour éviter une propagation du virus.

Un cousin d'Ebola sans vaccin ni traitement

Le virus de Marburg est de la même famille que celui d'Ebola, dont l'épidémie en cours a déjà fait près de 3.500 morts en Afrique de l'Ouest. Les deux virus figurent parmi les agents pathogènes les plus virulents chez l'Homme, selon l'Organisation mondiale de la santé (OMS).

Comme Ebola, «le virus de Marburg se transmet par contact direct avec le sang, les liquides biologiques et les tissus de personnes infectées mais aussi en cas de manipulation d’animaux sauvages (singes, chauves-souris frugivores) malades ou morts», explique l’OMS.

La maladie due au virus de Marburg se déclare de manière abrupte par de violentes céphalées et une faiblesse intense. Des manifestations hémorragiques graves apparaissent chez de nombreux patients entre le cinquième et le septième jour et, chez les sujets décédés, on observe généralement des hémorragies multiples. Le taux de létalité est très variable: «De 25% lors de la première flambée apparue dans un laboratoire, en 1967, à plus de 80% entre 1998 et 2000 en République démocratique du Congo et lors de la flambée en Angola en 2005», précise l’OMS, et il n'existe ni vaccin ni traitement.

En octobre 2012, une épidémie de fièvre à virus de Marburg avait fait une dizaine de morts sur une vingtaine de cas confirmés en Ouganda.