VIDEO. Russie: Ce que l’on sait de la drogue «tueuse»

DÉCRYPTAGE Ce mélange à fumer a déjà empoisonné plus de 25 personnes dans le pays...

Bérénice Dubuc

— 

Capture d'écran d'une vidéo YouTube montrant un consommateur d'une nouvelle drogue de synthèse en Russie.
Capture d'écran d'une vidéo YouTube montrant un consommateur d'une nouvelle drogue de synthèse en Russie. — YouTube/SiberianTimes

Une nouvelle drogue de synthèse est apparue en Russie, et a déjà fait plus de 25 morts dans différentes régions du pays. Environ 700 personnes ont par ailleurs eu besoin d'assistance médicale après en avoir consommé, selon l'agence de presse publique Ria-Novosti. Quelle est cette nouvelle drogue? Quels sont ses effets? Eléments de réponse.

Pour voir la vidéo originale en intégralité, cliquez ici

Quelle est cette nouvelle drogue de synthèse?

Il s’agit de «spice», un cannabinoïde de synthèse à fumer, inconnu du Service fédéral russe de contrôle des stupéfiants (FSKN). Ce dernier a précisé qu’il s’agissait d’une «drogue complètement nouvelle, faites de deux composants» et qui «a été acheminée en Russie depuis l'Asie du sud-est». Des analyses sont actuellement conduites pour définir sa composition exacte, et retrouver l’origine de la drogue. Comme les autres cannabis de synthèse, elle aurait été achetée via des magasins en ligne, selon la porte-parole du procureur régional de Sibérie.

Quels sont ses effets sur les consommateurs?

«Un jeune homme couvert de sang, tenant un couteau, a menacé de se jeter par la fenêtre, avant d'en être dissuadé par ses voisins», raconte le Siberian Times. D’autres ont des accidents de voitures, s’en prennent violemment à leurs voisins, ou font des attaques cardiaques ou cérébrales, ajoute le quotidien. Les symptômes suivants ont été constatés: peur, anxiété, pupilles dilatées, hallucinations, étourdissements..., et même comas. La mort est due à un «empoisonnement», selon les autopsies des premières victimes.

Où cette drogue a-t-elle fait des victimes?

Des cas mortels ou d'intoxication ont été relevés à Sourgout (Sibérie occidentale), à Kirov, une ville à 790 km au nord-est de Moscou, au Bachkortostan (Oural) et dans plusieurs régions du centre de Russie. Des premiers cas ont été signalés jeudi à Moscou, où trois personnes intoxiquées ont été hospitalisées, selon une source médicale citée par l'agence de presse Interfax. Quarante pour cent des personnes concernées sont des adolescents de 14 à 16 ans, selon la chaîne d'informations en continu Rossia 24. Le «spice» est consommé en majorité par les adolescents en Russie du fait de son faible coût et de la facilité pour s’en procurer.

Quelle est la réaction des autorités?

Les autorités ont fait fermer les sites Web incriminés, et sont en train de remonter la filière pour retrouver les revendeurs. Une douzaine d’arrestations ont déjà eu lieu. Par ailleurs, le FSKN -qui s’est réuni ce lundi- a placé les deux composants identifiés sur la liste noire des médicaments interdits sur le territoire russe.

Son chef, Viktor Ivanov, a par ailleurs demandé au ministère de la Santé de durcir la politique sur la circulation de substances psychotropes en Russie et de mettre en place un mécanisme d’interdiction temporaire de toute nouvelle substance chimique à effet psychoactif. En effet, selon la législation en vigueur en Russie, les substances inconnues des autorités ne sont pas automatiquement illégales. Il suffit donc aux trafiquants de modifier légèrement la formule chimique d’une substance pour qu’elle soit «légale», et il faut environ un an pour mettre à jour la liste noire. Selon la Rossiyskaya Gazeta, le Parlement russe s’apprêterait à examiner ce type de proposition.