Hong Kong: Le retrait des sites occupés divise les manifestants

CHINE La décision de la coalition Occupy Central de se replier sur le quartier des ministères ne fait pas l'unanimité...

N.Beu. avec AFP

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Deux personnes assises devant des barricades tenues par des manifestants pro-démocratie à Hong Kong, le 5 octobre 2014.
Deux personnes assises devant des barricades tenues par des manifestants pro-démocratie à Hong Kong, le 5 octobre 2014. — ANTHONY WALLACE / AFP

Les manifestants prodémocratie de Hong Kong étaient divisés sur leur retrait de sites stratégiques dimanche soir, quelques heures avant l'expiration d'un ultimatum gouvernemental, certains estimant n'avoir obtenu aucune concession sur leurs revendications.

Après en avoir «délibéré», les manifestants occupant depuis une semaine le quartier commerçant de Mong Kok, sur la partie continentale de Hong Kong, ont annoncé qu'ils allaient partir pour renforcer les lignes sur le principal site d'occupation à Admiralty, le quartier des ministères situé sur l'île, a indiqué la coalition Occupy Central sur son compte Twitter #OccupyHK.

«Je reste ici»

Une artère majeure d'Admiralty, Lung Wo Road, va par ailleurs être rendue à la circulation pour permettre le retour au travail lundi de milliers d'employés après une semaine quasiment chômée en raison des manifestations et de deux jours fériés, a-t-elle ajouté.

Les organisations étudiantes ont ensuite pris leur distance avec cette annonce qui risquait de démobiliser alors que les rangs étaient nettement plus clairsemés que ces derniers jours. «Nous n'avons jamais appelé quiconque à se retirer» des sites occupés, a affirmé l'une de ces organisations, Scholarism, dans un communiqué.

Si, sur le terrain, certains manifestants pliaient bagage, d'autres s'y refusaient catégoriquement. «Je reste ici», a ainsi déclaré à l'AFP Bosco Leung, un étudiant de 21 ans, à Mong Kok, où un millier de manifestants prodémocratie semblaient déterminés à poursuivre leur occupation dimanche soir.

Les autorités locales durcissent le ton

«Certains disent que nous devons quitter Mong Kok et nous replier sur Admiralty, mais c'est peut-être simplement pour nous faire partir», s'interrogeait Sophia Kwong, 21 ans. Ils étaient quelques milliers dimanche soir à Admiralty, selon des journalistes de l'AFP. Ivan Ha, étudiant en psychologie, dit avoir vu «des policiers transporter des sacs semblant contenir des tenues antiémeute à l'intérieur des bureaux du gouvernement». «Mais je vais rester», a-t-il assuré.

Le chef de l'exécutif local, Leung Chun-ying, dont les protestataires réclament la tête car ils le considèrent comme la marionnette de Pékin, avait dit la détermination des autorités «à prendre toutes les mesures nécessaires pour rétablir l'ordre public» et libérer les sites occupés. Il faut permettre aux sept millions d'habitants «de reprendre une vie et une activité normales», a-t-il martelé sans toutefois explicitement menacer les manifestants de les déloger s'ils n'obtempéraient pas.