Exécution d’Alan Henning: Combien y a-t-il encore d’otages occidentaux aux mains de Daesh?

DÉCRYPTAGE Après l’exécution de l’humanitaire britannique, l’organisation islamiste menace un autre de ses otages...

Bérénice Dubuc

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L'organisation de l'Etat islamique a revendiqué la décapitation de l'otage britannique David Haines, le 14 septembre 2014. Ici une vidéo de propagande diffusée par l'organisation.
L'organisation de l'Etat islamique a revendiqué la décapitation de l'otage britannique David Haines, le 14 septembre 2014. Ici une vidéo de propagande diffusée par l'organisation. — HO / SITE Intelligence Group / AFP

Après James Foley le 19 août, Steven Sotloff le 2 septembre, David Haines le 13 septembre et Alan Henning vendredi, les djihadistes de Daesh menacent une nouvelle fois d’exécuter l’un de leurs otages occidentaux. Comme pour les précédentes victimes de Daesh, Peter Kassig, un humanitaire américain de 26 ans, apparaît en effet à la fin de la vidéo de l'exécution du Britannique Alan Henning, diffusée vendredi.

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Silence de Daesh...

Malheureusement, si Peter Kassig venait à être exécuté malgré l’appel lancé par ses parents samedi sur Youtube, il pourrait ne pas être la dernière victime de l’organisation, même si l’on ignore le nombre exact d’Occidentaux tombés entre ses mains. Daesh garde en effet le silence sur ses otages. On sait seulement quand ils sont libérés, menacés dans une vidéo ou quand ils sont exécutés qu’ils étaient détenus par l’organisation.

Ainsi, le photojournaliste britannique de 43 ans, John Cantlie, qui a été enlevé en novembre 2012 avec son confrère James Foley, a disparu pendant près de deux ans avant de réapparaître le 18 septembre dernier, vêtu d'une combinaison orange, dans une vidéo de Daesh dont il se dit prisonnier.

«Il y a jusqu’à 600 groupes djihadistes en Syrie, et on peut redouter que certains, notamment les plus petits, aient vendu, donné, échangé… des otages occidentaux à Daesh», explique à 20 Minutes Louis Caprioli, conseiller du groupe GEOS et ancien responsable de la lutte anti-terroriste à la DST. «C’est une stratégie qui n’est pas contrôlable.»

... et des gouvernements

De plus, les Etats concernés par ces enlèvements gardent eux aussi le silence. Un officiel américain avait ainsi indiqué en août à CNN qu’un «certain nombre d’Américains» étaient détenus par Daesh, tout en refusant de donner un chiffre exact. Au moins deux autres Américains, ainsi que deux Italiennes, un Danois et un Japonais seraient également retenus par l’EI, après avoir été capturés en août.

Début septembre, lors de la révélation par Le Monde du fait que Mehdi Nemmouche, l’auteur présumé de la tuerie du Musée juif de Bruxelles, avait été geôlier pour l’organisation EI en Syrie, des informations avaient fait état d’une «vingtaine d’autres otages occidentaux restés entre les mains de ses complices».

Négociations et opérations de sauvetage

Mais, si «ce chiffre a été avancé, impossible de dire si c’est le plus pertinent», souligne Louis Caprioli. «Le nombre réel d’otages et leur nationalité sont des informations confidentielles pour leur propre protection, mais aussi parce que certains pays tentent d’effectuer en parallèle des négociations», note le spécialiste.

D’autres se servent également de ce laps de temps pour tenter d’effectuer des opérations de sauvetage. Les Etats-Unis -qui, comme la Grande-Bretagne ont une politique claire de non-négociation avec les ravisseurs et de non-paiement de rançon- ont ainsi lancé en juillet une opération de ce type pour tenter de secourir plusieurs otages, dont James Foley, sans succès. Le gouvernement britannique aurait également, selon CNN, effectué ce type de tentative pour délivrer David Haines «quelque temps» avant son exécution.