Syrie: les jihadistes avancent vers Kobané mais sont freinés par les frappes

SYRIE Le groupe Etat islamique (EI) cherche à s'emparer de la ville pour s'assurer le contrôle sans discontinuité d'une longue bande de territoire à la frontière syro-turque...

20 Minutes avec AFP

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De la fumée s'élève le 5 octobre 2014 au dessus de Kobané cible de frappes aériennes des Etats-Unis et de leurs alliés
De la fumée s'élève le 5 octobre 2014 au dessus de Kobané cible de frappes aériennes des Etats-Unis et de leurs alliés — Aris Messinis AFP

Les jihadistes du groupe Etat islamique (EI) continuaient dimanche leur avancée vers la ville syrienne kurde de Kobané, mais les frappes de la coalition internationale freinent leur progression selon des témoins.

Pour la troisième journée consécutive, la ville assiégée était soumise à des tirs d'obus de l'EI qui cherche à s'en emparer pour s'assurer le contrôle sans discontinuité d'une longue bande de territoire à la frontière syro-turque.

Kobané, ville stratégique

Du côté turc de la frontière, des colonnes de fumées étaient visibles au-dessus de Kobané, alors que le bruit des obus et des avions de combat dans le ciel était audible, selon des journalistes de l'AFP.

«L'EI a réussi à prendre samedi soir la partie sud de la colline de Machtanour située au sud-est» de Kobané (Aïn el-Arab en arabe), a indiqué à l'AFP le directeur de l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH), Rami Abdel Rahmane. Si les jihadistes, qui se trouvent à environ un ou deux kilomètres de la ville selon les endroits, s'emparent de la totalité de cette colline, «tout Kobané sera dans leur viseur et sa prise deviendra plus facile», selon lui.

Des centaines de morts

«Si la coalition n'avait pas lancé des raids hier (samedi), l'EI serait maintenant dans le centre de Kobané», a affirmé un militant, Mustapha Abdi. La ville est défendue par les combattants des Unités de protection du peuple (YPG, principale milice kurde syrienne), moins nombreux et moins bien armés que les jihadistes.

Le chef de l'OSDH a indiqué que «des centaines» de combattants «des deux camps» étaient morts dans les combats et les frappes depuis le début de l'assaut jihadiste le 16 septembre. Son ONG, qui s'appuie sur un large réseau d'informateurs, de militants et de sources médicales en Syrie, pays ravagé par la guerre civile depuis mars 2011, a fait état de 23 morts samedi parmi les YPG et 33 de l'EI.

Une intervention exclusivement aérienne

Les frappes des Etats-Unis et de leurs alliés arabes dans la région de Kobané, où il ne resterait que quelques milliers de civils, ont commencé ces derniers jours après le début de l'intervention de la coalition en Syrie le 23 septembre.

Selon des experts et d'ex-responsables militaires américains, le sort de Kobané illustre bien les limites d'une intervention exclusivement aérienne sans appui au sol pour guider les frappes.

«Les Kurdes font face à des combattants bien organisés et bien équipés», affirme Seth Jones, un ancien conseiller militaire américain. «Il s'agit d'un problème plus large qui concerne toute la Syrie où l'intervention américaine n'est pas vraiment bien coordonnée avec des forces sur le terrain, en partie à cause du nombre pléthore de groupes rebelles».