VIDEO. Hong Kong: Les manifestants se heurtent aux habitants exaspérés

CHINE Des personnes opposées aux manifestants ont démonté des barricades...

20 Minutes avec AFP
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Face à face entre manifestants prodémocratie et policiers devant le siège du gouvernement, le 3 octobre 2014 à Hong Kong
Face à face entre manifestants prodémocratie et policiers devant le siège du gouvernement, le 3 octobre 2014 à Hong Kong — Anthony Wallace AFP

La tension était extrême vendredi soir à Hong Kong, où de violents heurts opposaient les militants prodémocratie à des centaines d'habitants exaspérés par les manifestations, malgré un espoir de négociation entre les autorités et les étudiants.

A Mong Kok, quartier commerçant de Kowloon, face à l'île de Hong Kong, des centaines de personnes s'en sont pris aux manifestants en infériorité numérique, et ont tenté, souvent avec succès, de dégager les barricades.

«Rendez-nous Mong Kok! Nous, les Hongkongais, on a besoin de manger», «rentrez chez vous», criaient les contre-manifestants. Les deux camps échangeaient coups et insultes tandis que les policiers dépassés s'employaient à les séparer et à ouvrir des couloirs pour les ambulances sans qu'on sache immédiatement si les heurts ont fait des blessés.

Des barricades démantelées

Certains manifestants ont accusé leurs opposants d'avoir recruté des hommes de main pour provoquer des troubles et discréditer le mouvement qui a mobilisé depuis dimanche des dizaines de milliers de personnes et fortement perturbé l'activité de la ville.

A Causeway Bay, temple du shopping et autre centre secondaire de la mobilisation, des escarmouches ont également opposé environ 25 manifestants à une cinquantaine de personnes. «Ce n'est pas ça la démocratie, on doit nourrir nos enfants», a hurlé l'une d'elles. Des passants ont applaudi au démantèlement de certaines barricades.

La méfiance des étudiants face aux promessses de dialogue

Le mouvement prodémocratie réclame l'instauration d'un suffrage universel plein et entier ainsi que la démission du chef de l'exécutif local, Leung Chun-ying, qu'il considère comme la marionnette de Pékin.

Les étudiants, fer de lance du mouvement, lui avaient donné jusqu'à jeudi à minuit pour démissionner. Peu avant l'expiration de l'ultimatum, Leung Chun-ying a refusé sans surprise d'accéder à cette exigence tout en proposant aux étudiants l'ouverture d'un dialogue avec la secrétaire en chef de son gouvernement.

Même si ce geste apparaît comme une concession significative, le gouvernement refusant toute discussion jusqu'alors, nombre de protestataires sont méfiants, Pékin ayant assuré qu'il ne bougerait pas d'un pouce.