Manifestations à Hong Kong: «Cette histoire ne date pas d’aujourd’hui»

TÉMOIGNAGES Au cœur du débat, des expatriés français nous racontent le déroulement des manifestations…

Adrien Chauvin

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Ils sont encore des milliers à continuer de manifester pacifiquement.
Ils sont encore des milliers à continuer de manifester pacifiquement. — Wally Santana/AP/SIPA

Un week-end chaotique pour la ville de Hong Kong. Après une semaine de grève, marquée par l’intrusion d’étudiants dans les locaux du gouvernement, la mobilisation s’est intensifiée dimanche dernier. Sous l’organisation du mouvement «Occupy Central», des dizaines de milliers de manifestants continuent de paralyser une partie du centre-ville.

 «On est loin d’une démocratie»

Thibault, expatrié français, ne participe pas aux manifestations mais suit de très près les événements. Et contrairement aux idées reçues, cette histoire ne date pas d’une ou deux semaines: «Cela fait plusieurs mois que le gouvernement de Pékin cherche à empiéter sur Hong Kong.»

Or, un accord d’indépendance politique et économique avait été signé, en 1997, par la Chine et l’Angleterre pour une durée de 50 ans. «Le gouvernement de Pékin a annoncé que les candidats pour les élections du chef de l'exécutif en 2017, seront présélectionnés. En gros, ils peuvent imposer n’importe qui, ça n’a rien de démocratique!» s’agace-t-il.

«L’utilisation de gaz lacrymogène était une première depuis dix ans»

Il ajoute qui si la mobilisation est de plus en plus forte, elle est due aux forces de l’ordre: «Pour tenter de disperser les étudiants, les policiers ont utilisé des gaz lacrymogènes, une première depuis une dizaine d’années! C’est un acte de violence qui a suscité l’intérêt de la population.» Après ce faux pas, le gouvernement de Hong Kong a demandé à ses forces antiémeutes de se retirer.

Les organisateurs ont été les premiers surpris du nombre de manifestants: «Ils ne bloquaient qu’un seul quartier de Hong Kong, il y a deux jours, maintenant ils coupent la circulation de cinq quartiers.» Tout ceci «pacifiquement», tient à rappeler Thibault.

Très loin des manifestations françaises

Arnaud habite lui aussi à Hong Kong et est très impressionné par l’organisation. Selon lui, on est très loin des manifestations en France: «Il y a une distribution d’eau gratuite, de nourriture et pour éviter de salir la voie publique, des sacs à tris sélectifs ont aussi été mis à disposition. Après leur passage, ils nettoient tous les déchets.»

Bien que tout soit sous contrôle, le gouvernement américain a lancé une pétition pour ne pas revivre la même histoire que lors des manifestations de la place Tian'anmen, à Pékin en 1989. À l’époque, des étudiants et ouvriers avaient montré leur mécontentement envers le gouvernement chinois. Pour éradiquer ces manifestants, la loi martiale avait été appliquée, puis l’armée avait attaqué les civils, faisant près de 200 morts.

Un scénario que les manifestants ne redoutent pas. D’après Arnaud, ils ne sont pas là pour «quelques heures» mais pour «plusieurs jours». 

>> Les manifestants ont-ils raison de se mobiliser? La Chine doit-elle laisser les habitants de Hong Kong choisir leurs candidats idéals? Pourquoi? Réagissez dans les commentaires ci-dessous...