Témoignage d’un ex-membre de Daesh: «Les Français sont plus extrêmes que nous»

MONDE Un ancien membre de l’organisation de l’Etat islamique dresse un portrait inquiétant des djihadistes français dans une interview à CNN…

Claire Planchard

— 

Patrouilles de l'armée turque à la frontière avec la Syrie le 29 septembre 2014.
Patrouilles de l'armée turque à la frontière avec la Syrie le 29 septembre 2014. — Burhan Ozbilici/AP/SIPA

Les Français engagés aux côtés de Daesh en Syrie et en Irak sont non seulement nombreux (environ 930 selon les chiffres évoqués par le ministère de l’Intérieur), mais ils sont aussi déterminés.

«On dirait qu’ils font partie de l’Etat islamique depuis des années»

Selon un ancien membre de l’organisation de l’Etat islamique interrogé par la correspondante de CNN en Turquie, les ressortissants français font en effet montre d’un zèle particulier: «Les Français ont tellement de contrôle. Ils sont encore plus extrêmes que nous», rapporte cet ex-djihadiste qui se fait appeler Abu Omar dans une interview publiée ce lundi sur le site de CNN. «Ils viennent de France mais on dirait qu’ils font partie de l’Etat islamique depuis des années», ajoute-t-il.

Après avoir participé aux atrocités de l’organisation (crucifixions, décapitations, massacres à l’aveugle, etc.), cet homme âgé 29 ans a décidé de s’enfuir à la faveur des mouvements de militants provoqués par les frappes aériennes des Etats-Unis et de leurs alliés du Golfe à Raqqa, fief de EI en Syrie, la semaine dernière. Lui qui rêve toujours à la création d’un califat dans la région, assure ne plus pouvoir supporter les violences auxquelles il a assisté.

Dissuader les jeunes de rejoindre Daesh

«J’ai vu un cheikh de 70 ans tué devant mois, explique-t-il. L’Etat islamique ne peut pas continuer comme ça… Il y a beaucoup de jeunes de 14 ou 15 ans qui rejoignent le mouvement. Peut-être que ma voix peut les faire réfléchir à deux fois.»

Dans ce témoignage, l’ex-djihadiste assure aussi que l’organisation de l’Etat islamique s’était bien préparée aux frappes aériennes de la coalition: «Ils ont presque complètement vidé leurs quartiers généraux», «ils ont caché certains équipements dans des quartiers d’habitation. Et d’autres sous terre», explique-t-il.