Terrorisme: Qui est Khorassan, le groupe djihadiste qui veut attaquer l’Occident?

ISLAMISME Ce groupe était la principale cible des frappes américaines en Syrie de ces derniers jours...

Nicolas Beunaiche

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Le général William Mayville au Pentagone, à Washington, le 23 septembre 2014.
Le général William Mayville au Pentagone, à Washington, le 23 septembre 2014. — Cliff Owen/AP/SIPA

Non, Al-Qaida n’est pas mort. A ceux qui annoncent déjà la disparition du fer de lance du djihad depuis plus de dix ans, les Etats-Unis ont rappelé mardi que l’organisation terroriste autrefois dirigée par Oussama ben Laden n’avait pas perdu de sa dangerosité, malgré la montée en puissance de Daesh. Parmi les 120 djihadistes tués par les raids aériens, 50 étaient ainsi membres d’Al-Qaida, selon l’Observatoire syrien des droits de l’homme. Quant aux missiles Tomahawk lancés par les Américains, ils visaient en majorité des membres de l’organisation d’Ayman al-Zawahiri, a précisé le général William Mayville, directeur des opérations à l'état-major interarmées.

Si Al-Qaida se retrouve à nouveau sur le devant de la scène, c’est à travers l’une de ses branches encore méconnues: Khorassan (ou Khorasan, selon les sources). Mentionné il y a quelques jours par James Klapper, le directeur du renseignement américain, ce nom –qui désigne aussi une région iranienne et l’Afghanistan médiéval– fait actuellement trembler l’administration Obama plus encore que Daesh.

Une attaque était imminente

Pourquoi? Parce qu’à la différence de l’organisation de l’Etat islamique, ses membres visent en premier lieu les territoires occidentaux. C’est toute la curiosité de ce groupe, «basé en Syrie mais qui n’y combat pas réellement», selon Michael Leiter, l’ancien directeur du Centre national de contre-terrorisme américain. «Ils l’utilisent comme une plateforme pour recruter des Occidentaux», explique-t-il. Des ressortissants européens ou américains venus se battre contre le régime de Bachar al-Assad et susceptibles de retourner dans leur pays d’origine pour y commettre un attentat.

Selon le même Leiter, le noyau du groupe serait constitué de quelques dizaines de membres seulement. Il s’agirait d’anciens dirigeants d’Al-Qaida qui auraient profité de la guerre en Syrie pour relancer leur entreprise terroriste, d’après les services de renseignement américains, qui les suivent «depuis deux ans». C’est le ministre de la Justice, Eric Holder, qui l'a annoncé lui-même à Yahoo News, précisant que Khorassan était à l’origine du renforcement des contrôles en juillet dans les aéroports d'Europe ou du Moyen Orient ayant des vols à destination des Etats-Unis.

Si Washington a frappé durement le groupe, c’est aussi que la menace était imminente. Selon le général Mayville, Khorassan «se trouvait dans la dernière phase de préparation pour exécuter des attaques majeures contre des cibles occidentales et potentiellement sur le territoire américain». «Nous estimons que le groupe Khorassan était proche de la phase d'exécution d'une attaque soit en Europe soit aux Etats-Unis», a-t-il insisté. Une manière de bien faire comprendre à l’opinion qu’elle a bel et bien face à elle le nouvel ennemi public numéro un.