Procès Magnotta: A quoi ressemble la salle où va être jugé le «dépeceur de Montréal»?

JUSTICE Les avocats règlent cette semaine des points dont les journalistes n'ont pas le droit de parler, sous peine de poursuites…

A Montréal, William Molinié
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Le palais de justice de Montréal, où Luka Magnotta va être jugé à partir du 29 septembre 2014
Le palais de justice de Montréal, où Luka Magnotta va être jugé à partir du 29 septembre 2014 — WILLIAM MOLINIE / 20 MINUTES

De notre envoyé spécial au Canada,

Cinquième niveau, couloir de gauche. Au fond. C’est dans la salle 5.0.1 du palais de justice de Montréal que Luka Magnotta va faire face à ses juges.

Ce mardi, à moins d’une semaine du début des audiences, les avocats de la défense et de l’accusation ont réglé quelques derniers détails et points de droit, protégés par une ordonnance de non-publication. Autrement dit, les journalistes présents sur place ne peuvent pas en rapporter le contenu, sous peine de poursuites pénales. «Si on veut assister au procès, il ne vaut mieux pas car on peut nous en refuser l’accès», explique Michaël Nguyen, journaliste judiciaire au Journal de Montréal. Une particularité du droit canadien, proche du modèle anglo-saxon.

Le juge légèrement surélevé

Au fond de la salle, les sièges vides des douze jurés, qui prendront place lundi matin à l’ouverture du procès. A leur gauche, légèrement surélevé, le bureau du juge, chargé d’arbitrer les débats. En face de lui, un triangle isocèle où sur les deux côtés de même longueur siègent les avocats: à sa droite, la défense, à sa gauche, les représentants de la couronne (enquêteurs et avocats). Sur le troisième côté, face aux jurés, le micro dans lequel les témoins seront invités à parler, non sans avoir juré de dire la vérité, «toute la vérité», soit en prêtant serment sur la Bible, soit en faisant une affirmation solennelle.

L’accusé, lui, est installé dans un box en verre. C’est sans aucun doute la partie de la pièce la plus grande. Accroché à la paroi, un téléphone permet à Magnotta de discuter en toute discrétion avec son avocat à travers la vitre. Le présumé tueur voit à sa gauche les jurés, à sa droite le public et en face de lui, l’accusation. Enfin, à l'entrée de la salle, des chaises sont attribuées au public et à la presse. Trois d'entre elles seront réservées à la famille de la victime, l'étudiant chinois Jun Lin.

Aux murs, pas de tableau ni d’élément de décoration. Des écrans de télévision, qui présenteront les éléments de preuve recueillis contre Magnotta, sont orientés vers toutes les parties.

Voici le «plan» de la salle:


Respect du «décorum»

Moins d’une vingtaine de places sont accessibles aux citoyens canadiens. Du coup, le palais de justice «a mis à disposition deux salles d’une centaine de places où seront retransmis les débats», explique Paul-Jean Charest, conseiller au ministère de la Justice, contacté par 20 Minutes.

Les règles sont les mêmes qu’en France: interdiction de capter des images et du son. Pas de photographies, non plus. Seuls quelques journalistes ont eu l’autorisation, la semaine dernière de faire des images de la salle, avant l’ouverture de l’audience.

Vue d'ensemble de la salle d'audience qui servira au procès de Luka Rocco Magnotta. pic.twitter.com/0VBWlkbyrV
— Philippe Bonneville (@philbonneville) September 17, 2014



Quant à la retranscription écrite, peu de juges laissent la place au «live-tweet», atteste un policier chargé du respect du «décorum» et du «bon ordre» du tribunal.