Crash du vol d’Air Algérie: L'éprouvante attente des familles de victimes

CATASTROPHE L'enquête est au point mort, après leur rencontre avec le président de la République, samedi après-midi...

Romain Scotto

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Le président François Hollande le 20 septembre à Paris lors d'une rencontre avec les familles des victimes du vol d'Air Algérie AH5017.
Le président François Hollande le 20 septembre à Paris lors d'une rencontre avec les familles des victimes du vol d'Air Algérie AH5017. — FRANCOIS GUILLOT / AFP

Pendant quatre heures, elles ont pu poser toutes leurs questions, faire part de leur désarroi, et tenter de comprendre un peu mieux les circonstances du drame. Pour la première fois depuis deux mois, les familles des victimes du crash du vol AH5017 d’Air Algérie ont été reçues par François Hollande, samedi, juste après la divulgation d’un premier rapport du bureau enquête accident (BEA). Mais celui-ci n’a pas beaucoup aidé les familles dans leur processus de deuil puisque le crash reste «inexpliqué» et qu’à ce jour, «aucune piste n’est privilégiée».

«Certaines familles sont déçues devant le rapport mais il faut savoir qu’il est très rare de connaître les causes d’un crash au bout de deux mois», témoigne Stéphane Gicquel, secrétaire général de la fédération nationale des victimes d’accidents collectifs (Fenvac). Pour l’entourage des 116 victimes (dont 54 Français), cette journée a en revanche permis d’établir un échéancier clair dans les mois à venir. La prochaine réunion avec les juges d’instruction est notamment prévue en décembre. L’identification des corps devrait aboutir en 2015.

L'«attitude maladroite» d'Air Algérie

Peu éclairés par le BEA, les proches des victimes ont au moins été rassurés sur l’engagement de l’Etat. En présence de l’adjoint du chef d’état-major, du responsable de l’identification et du procureur de la République, François Hollande a proposé une date en novembre pour permettre aux familles de se rendre pour la première fois au Mali. «C’était une discussion assez libre, peu formelle. La parole a été donnée à chacun. C’était important pour eux car le plus dur à gérer, c’est l’attente. Jusque-là, les familles n’avaient qu’un morceau de papier qui est le certificat de décès», poursuit Stéphane Gicquel.

Parmi les questions posées au Président, beaucoup portaient sur le déplacement sur le lieu du drame, mais aussi sur le rôle très secondaire joué par Air Algérie dans l'enquête. Aucun représentant de la compagnie n’était présent à la réunion alors qu’ils y avaient été conviés. «Il y a un sentiment de rejet vis-à-vis de cette compagnie qui ne fait rien. Les relations sont tendues. Normalement, en cas de catastrophe, la compagnie joue un rôle de premier plan. Mais elle a une attitude maladroite.» Elle aurait notamment contacté les familles la veille de la réunion pour leur proposer d’assurer le vol de novembre vers le Mali. Comme si, en pleine période de deuil, certains étaient prêts à voyager dans l'un des appareils de cette compagnie.