Procès Magnotta: Les motifs d’exemption les plus farfelus des jurés pour échapper «au dépeceur de Montréal»

JUSTICE Retour sur deux semaines de sélection des membres du jury…

A Montréal, William Molinié
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Les audiences préliminaires en vue du procès de Luka Rocco Magnotta, un ancien acteur porno accusé d'avoir tué et dépecé en mai dernier à Montréal son petit ami chinois, se dérouleront en public, a décidé mardi une juge, en rejetant une requête de la défense.
Les audiences préliminaires en vue du procès de Luka Rocco Magnotta, un ancien acteur porno accusé d'avoir tué et dépecé en mai dernier à Montréal son petit ami chinois, se dérouleront en public, a décidé mardi une juge, en rejetant une requête de la défense. — Rogerio Barbosa AFP

De notre envoyé spécial au Canada,

Son ventre bedonnant et sa courte moustache lui donnent un air de «Monsieur-tout-le-monde». Un air, seulement...

Bon nombre de candidats sélectionnés sur listes électorales à la composition du jury n’ont pas pu rester impassibles à la vue de Luka Rocco Magnotta. Apparu souvent somnolent derrière le box, l'ancien acteur porno attend d’être jugé pour le meurtre du Chinois Jun Lin, tué au pic à glace et dépecé méticuleusement en mai 2012 dans un appartement de Montréal (Canada).

Exemptés

Si beaucoup ont fait preuve de retenue, d’autres se sont révélés troublés face à celui que la presse a surnommé le «dépeceur de Montréal». La plupart se sont vus refuser, parfois contre leur gré, leur participation à la composition du jury. Une des raisons les plus fréquentes est qu’ils n’étaient pas bilingues.

Mais d’autres motifs, plus ou moins loufoques, ont aussi été acceptés. La presse canadienne en a rapporté un grand nombre. Florilège.

Religion Un candidat qui se dit musulman refuse de faire partie du jury. «Etre juste est important», introduit-il, précisant craindre ne pas l’être en raison de sa foi. Un autre, avance que le procès débordera sur le nouvel an juif. La justice canadienne reconnaît l’exemption pour «motif religieux» et les dispense tous les deux.

Claustrophobie Un homme qui affirme souffrir de claustrophobie est exempté. Il faut dire que la salle d’audience du palais de justice de Montréal est très petite. Seule une quinzaine de places est disponible pour le public, qui pourra cependant suivre les débats retransmis dans une «salle de débordement» d’une centaine de places. Mais les jurés ont l’obligation de siéger à côté de Magnotta.

Confiance Un candidat ne souhaite pas assister au procès parce que, dit-il, il ne veut pas s’absenter de son travail. «Je ne fais pas confiance à mes collègues. Ils ne font pas bien leur travail», argue-t-il. Ces derniers apprécieront...

Nervosité Un homme, visiblement très nerveux, met en avant le motif du bilinguisme. «Je ne parle ni anglais, ni français», lâche-t-il, s’adressant au juge en... français!

Peur Ce citoyen n’a pas eu honte de le reconnaître. Il a expliqué au juge qu’il avait tendance à s’évanouir quand il se retrouvait face à des choses qui lui faisaient peur. Exempté.

Culot Une autre candidate n’y est pas allée par le dos de la cuillère. Face au présumé tueur, cette dernière, n’a pas hésité à affirmer: «Pour moi, Magnotta aurait dû être castré il y a deux ans.»

Organisation Une femme en pleurs dans la salle d’audience a supplié le juge de ne pas être choisie, car, disait-elle, si elle était sélectionnée, elle ne pourrait pas emmener ses enfants à l’école.

Lapsus Une autre, jeune maman a provoqué l’hilarité du public. «Malheureusement, je viens d’avoir un enfant», dit-elle au juge. Avant de se reprendre: «Euh... Je voulais dire heureusement…»