Référendum en Ecosse: Le «non» à l'indépendance l'emporte

REFERENDUM Le oui a recueilli 44,58% des suffrages et le non 55,3 %...

20 Minutes avec AFP
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Une pancarte revendiquant le non au référendum sur l'indépendance de l'Ecosse
Une pancarte revendiquant le non au référendum sur l'indépendance de l'Ecosse — David Cheskin/AP/SIPA

Les Ecossais ont voté «non» à l'indépendance lors d'un référendum historique marqué par une participation massive à hauteur de l'enjeu historique. La victoire confortable du non a été définitivement établie après dépouillement de 30 des 32 circonscriptions. Le non recueillait alors 55,3% des suffrages et le oui 44,85%.

Le résultat constitue une immense déception pour le Premier ministre de la région semi-autonome Alex Salmond -qui avait paru effectuer une remontée spectaculaire en fin de campagne- et un énorme soulagement pour le chef du gouvernement central David Cameron «hanté» à la perspective d'un éclatement du Royaume-Uni.

Des nouveaux pouvoirs pour les quatres nations du Royaume-Uni

Le Premier ministre britannique David Cameron a appelé vendredi matin le Royaume-Uni à se «rassembler» après la victoire du non, qu'il avait lui-même soutenu. Il a estimé que la question de l'indépendance de l'Ecosse était désormais réglée pour «une génération». Il a aussi promis des nouveaux pouvoirs aux quatre nations constitutives du Royaume-Uni:Ecosse, Pays de Galles, Irlande du Nord et Angleterre.

«Au moment où les Ecossais vont avoir davantage de pouvoirs sur la gestion de leurs affaires, ceci va également s'étendre aux habitants d'Angleterre, du Pays de Galles et d'Irlande du Nord qui doivent avoir aussi davantage leur mot à dire sur les leurs», a dit David Cameron lors d'une déclaration au 10, Downing Street à Londres.

Le président du Parlement européen Martin Schulz s'est dit, quant à lui «soulagé du résultat».

>> Lire le décryptage: Que peut-il se passer à l'issue du référendum?

Alex Salmond, 59 ans, a concédé sa défaite peu après 6h dans une déclaration publique à Edimbourg.

«L'Ecosse a décidé, à la majorité, de ne pas devenir un pays indépendant», a-t-il reconnu alors que certains de ses partisans étaient en pleurs. «J'accepte ce verdict des urnes et j'appelle tous les Ecossais à faire de même et à accepter la décision du peuple», a-t-il ajouté.

Une campagne bien menée

Le leader séparatiste peut cependant se targuer d'avoir conquis en cours de campagne une plus large autonomie pour le pays des Scots qu'il dirige depuis sept ans.

Peu avant, David Cameron avait accrédité la victoire du camp du non dans un tweet au responsable de la campagne du non, soutenue par les trois partis traditionnels britanniques (conservateur, libéral-démocrate et travailliste d'opposition) et par une majorité à la City.

«J'ai parlé à Alistair Darling -et je l'ai félicité pour une campagne bien menée», a-t-il dit. L'intéressé a salué en retour sur son compte « une nuit extraordinaire », depuis Glasgow, la deuxième ville du pays qui a voté oui.

I've spoken to Alistair Darling - and congratulated him on an well-fought campaign. #indyref
— David Cameron (@David_Cameron) September 19, 2014



Le scrutin qui s'annonçait très serré, s'est traduit par une participation record de l'ordre de 85%. Le Premier ministre David Cameron a prévu de s'exprimer dès 7h dans une adresse solennelle à la télévision.

>> Lire le reportage: Les «ni oui, ni non» votent malgré eux

«La mot du statu quo»

En fin de campagne, il avait reconnu que le scrutin signifiait «la mort du statu quo».

Avec ses alliés gouvernementaux libéraux-démocrates et le chef de l'opposition travailliste Ed Miliband, il a promis des prérogatives supplémentaires au parlement régional d'Holyrood, en matière fiscale notamment, au cas où les Ecossais renonceraient à l'indépendance.

Le cadeau fait déjà des envieux parmi les Anglais, Gallois et Nord-Irlandais majoritairement unionistes, mais qui sollicitent aussi des compétences élargies.

Une victoire du oui aurait mis le Premier ministre en extrême difficulté.

Il devra cependant encore rendre des comptes à ceux qui dans son camp lui reprochent des concessions trop généreuses, et s'employer à favoriser la réconciliation en Ecosse, après une campagne très clivante.