Les images d'une bavure sèment le trouble dans la police britannique

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La police britannique a promis jeudi une enquête, après la diffusion d'images par plusieurs médias britanniques montrant une jeune femme de 19 ans frappée à plusieurs reprises par un policier à Sheffield (nord de l'Angleterre).

 
Les faits remontent au 30 juillet 2006, vers 2h du matin. La vidéo de surveillance du parking d’une boîte de nuit montre une poursuite entre la jeune fille, Toni Comer, métisse, et un policier, tous les deux dévalant des escaliers avant de chuter. Deux autres policiers et un gardien accompagné d'un chien arrivent près d'eux alors que l'on voit le premier policier, identifié comme l'agent Anthony Mulhall, frapper à cinq reprises la jeune femme au sol. Le film la montre ensuite menottée, son pantalon aux chevilles, en train d'être escortée par la police.
 
Coups de pied, crachat, morsure

La police avait été appelée sur place car Toni Comer, qui avait trop bu et venait d'être expulsée de l'établissement, vandalisait une voiture. «Elle a commencé à envoyer des coups de pied, à cracher et à essayer de me mordre. Quand elle a dégagé ses mains, elle a tenté de saisir mes parties génitales et d'envoyer des coups de genou et de pied au même endroit», a expliqué le policier au «Guardian». «Je l'ai frappée aussi fort que j'ai physiquement pu avec mon poing droit pour essayer de la maîtriser. Il n'y a pas eu d'effet apparent donc je l'ai fait à deux nouvelles reprises», a-t-il poursuivi. Face à la résistance de la jeune femme, il l'a de nouveau frappée. «A la fin, j'ai du utiliser la force brutale», a-t-il ajouté.

«J'avais quelques coupures et des ecchymoses sur mes bras, mon visage et l'arrière de mon cou», a déclaré sur la BBC Toni Comer, qui a engagé une procédure civile contre la police. La jeune femme, épileptique, a admis être ivre et est convaincue d'avoir eu une crise d'épilepsie au moment de l'arrestation, dont elle n'a aucun souvenir. Selon le «Guardian», le policier a indiqué qu'elle avait de la bave autour de la bouche, souvent caractéristique d'une telle crise.

250 livres d’amende

La police du Yorkshire du sud s'est déclarée «satisfaite de la façon dont l'incident avait été maîtrisé et contente du comportement de l'officier». Mais «nous souhaitons enquêter sur les circonstances de la plainte», a-t-elle ajouté. Le commissaire Ali Dizaei, qui appartient à cette force de police et qui est membre de l'Association nationale de la police noire, a réclamé cette enquête de l'organe de contrôle indépendant de la police (IPCC), s'inquiétant du fait que la race de la jeune fille ait pu être un facteur aggravant.

Toni Comer a plaidé coupable mercredi pour les dommages causés. Elle a été laissée libre mais devra payer 250 livres (367 euros) d'amende.