L’Europe a de grandes ambitions environnementales

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AFP TV

Le temps d’un accord sur une politique écologique européenne est-il venu ? Les dirigeants européens doivent s'engager à réduire de 20% au moins leurs émissions de gaz à effet de serre d'ici 2020, lors du sommet à Bruxelles qui a débuté à 18h et s'achèvera vendredi. L’Union Européenne, dont le président de la Commission José Manuel Barroso affirme qu’elle «a un rôle très important à jouer», entend ainsi s’inscrire en pionnière de la lutte contre le réchauffement climatique, à l’heure où l’après-Kyoto est sujet de débats.

 
Protocole de Kyoto
 
Constatant que «l'énergie représente 93% des émissions de CO2» et est donc «à l'origine du changement climatique», la Commission européenne estime que les pays développés, les 27 en tête, devraient se fixer pour objectif de réduire de 30% leurs émissions de gaz à effet de serre. Et ce dans le cadre d'un nouvel accord international succédant à l'actuel protocole de Kyoto qui expire en 2012.
 
En attendant, Bruxelles propose que l'UE s'engage déjà à réduire ses émissions «d'au moins 20%». Un objectif ambitieux: les pays de l’Union se sont engagés à réduire leurs émissions de 8% en 2012 par rapport à 1990, dans le cadre de Kyoto.
 
La Commission va aussi plaider pour l’investissements dans les énergies renouvelables (électricité, chauffage et refroidissement, bio-carburants), dont la part serait portée à 20% d'ici à 2020, alors que l'UE n'en est qu'à 7% actuellement. Une option qui a reçu un accueil mitigé, même si les Etats membres pourront choisir quelles énergies renouvelables ils veulent privilégier, en fonction de leur spécificité.
 
Sortir ou entrer dans le nucléaire ?

Reste la délicate question du nucléaire, principal point d’achoppement des 27, notamment entre pro (la France et la Finlande) et anti-nucléaire (l’Autriche et l’Irlande). La Commission plaide en effet, de manière prudente et indirecte, pour cette énergie en listant ses avantages en termes de coûts, d'émissions de C02 et d'indépendance. Le nucléaire, dont la France est le champion, représente aujourd'hui 30% de la production électrique de l'UE et est présent dans 15 Etats membres sur 27.
 
Combiner nucléaire et environnement, c’est un cheval de bataille de choix pour Jacques Chirac, défenseur de cette énergie tout en se posant en héraut de l’écologisme, qui assiste (sans doute) à son dernier sommet européen.