Écosse: Dernier jour de campagne avant le référendum d'indépendance

VOTE A quelques heures de la fin de la campagne, le suspense reste entier quant à l'issue du scrutin: trois sondages publiés ce mercredi font état d'une victoire du non, mais révélent également une forte proportion d'indécis, rendant le résultat de la consultation de jeudi imprévisible...

B.D. avec AFP

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Des «referendum cupcakes», décorés de drapeaux de l’Écosse et du Royaume-Uni, ainsi que d'un point d'interrogation, 
dans une pâtisserie d’Édimbourg,  le 16 septembre 2014.
Des «referendum cupcakes», décorés de drapeaux de l’Écosse et du Royaume-Uni, ainsi que d'un point d'interrogation, dans une pâtisserie d’Édimbourg, le 16 septembre 2014. — AFP PHOTO / BEN STANSALL

Partisans du oui et du non au référendum d'indépendance jetaient ce mercredi leurs dernières forces dans la bataille, à Edimbourg, à Glasgow, et dans toutes les bourgades et îles du territoire à la veille du scrutin qui s'annonce extrêmement serré.

Cette consultation pourrait marquer la fin d'une union vieille de 307 ans entre l'Ecosse et l'Angleterre et déboucher sur la création d'un nouveau pays en Europe. Face à de tels enjeux, cette région septentrionale de 5,3 millions d'habitants retient son souffle.

La balle dans le camp des indécis

Car, à quelques heures de la fin de la campagne, le suspense reste entier quant à l'issue du scrutin. Trois sondages publiés ce mercredi font certes état d'une victoire du non, mais ils révélent également une forte proportion d'indécis, rendant le résultat de la consultation de jeudi imprévisible.

Conscients que la balance peut pencher d'un côté comme de l'autre, les chefs de file des deux camps sonnaient le rappel de leurs troupes. Celui du oui a mobilisé 40.000 militants pour distribuer trois millions de tracts jusqu'aux dernières heures de la campagne, selon la presse.

Cette indépendance «faisons-la!», a appelé le leader des indépendantistes, Alex Salmond, dans une lettre solennelle adressée au peuple écossais. «Réveillez-vous vendredi matin au premier jour d'un pays meilleur. Réveillez-vous en sachant que vous l'avez fait», écrit-il. «Il s'agit de prendre en main le destin de votre pays. Ne laissez pas passer cette chance. Ne les laissez pas nous dire que nous ne pouvons pas.»

Le sort de Cameron

Le leader des partisans du non, Alistair Darling, a répliqué sur les ondes de la BBC en soulignant que les nouveaux pouvoirs, en matière budgétaire notamment, que pourrait accorder Londres à l'Ecosse en cas de maintien dans le Royaume-Uni seraient bien plus profitables qu'une indépendance incertaine. La victoire du non permettrait un «changement plus rapide et plus sûr que les années d'errance qui suivraient automatiquement» celle du oui, a-t-il estimé.

Si les Ecossais voteront jeudi pour décider de l'avenir de leur terre, leur choix pourrait également sceller le sort du Premier ministre britannique David Cameron, étroitement associé à la campagne du non. Le dirigeant conservateur s'était rendu lundi à Aberdeen, d'où il avait lancé un vibrant appel au maintien de l'Ecosse dans le giron britannique, suppliant les électeurs de ne pas «briser cette famille».

Les bureaux de vote ouvriront jeudi matin à 7h (8h à Paris) et fermeront à 22h (23h à Paris). Le résultat du référendum devrait être connu vendredi en tout début de matinée.