Dr Eilidh Whiteford, élue du Scottish National Party à la Chambre des communes, à Macduff, en Ecosse, en 2014.
Dr Eilidh Whiteford, élue du Scottish National Party à la Chambre des communes, à Macduff, en Ecosse, en 2014. — E.WHITEFORD

INTERVIEW

Ecosse: «L’indépendance nous donne la meilleure chance de choisir notre avenir»

Dr Eilidh Whiteford, élue écossaise indépendantiste à la Chambre des communes à Londres, évoque les derniers jours de la campagne...

De notre envoyé spécial à Londres (Grande-Bretagne]

Le Royaume va-t-il se désunir? A deux jours du référendum sur l’indépendance de l’Ecosse, les camps du «oui» et du «non» abattent leurs dernières cartes pour convaincre les électeurs. Lundi, le Premier ministre britannique, David Cameron, s’est ainsi rendu à Aberdeen, où il a insisté devant une foule acquise à sa cause sur les conséquences négatives et définitives d’une séparation. Les nationalistes eux, poursuivent leur campagne sur le terrain pour faire pencher la balance de leur côté, après un premier sondage les donnant gagnants il y a une semaine. Dr Eilidh Whiteford, élue du parti indépendantiste écossais (le Scottish National Party) à la Chambre des communes britanniques, décrypte les dernières heures de la bataille.

Qu’attendez-vous de l’indépendance de l’Ecosse?

Au sein du Scottish National Party, nous pensons que ceux qui peuvent prendre les meilleures décisions pour l’Ecosse sont les gens qui y vivent et travaillent. L’indépendance mettrait enfin l’avenir de l’Ecosse dans les mains des Ecossais. Pour moi, un vote favorable jeudi ne serait pas une fin en soi, mais elle nous donnerait les outils d’un pays indépendant afin de construire une Ecosse meilleure et plus juste.

A quelques heures du scrutin, êtes-vous confiante?

Oui. Nous avons vécu, ici en Ecosse, une campagne de terrain extraordinaire. Des gens qui ne s’étaient jamais impliqués en politique auparavant sont allés frapper aux portes des maisons et parler à d’autres personnes pour les convaincre de voter en faveur de l’indépendance. Cette campagne n’est pas celle des journaux ou du milieu des affaires: il s’agit d’individus ordinaires parlant à d’autres individus et réalisant que l’indépendance nous donne la meilleure chance de choisir notre avenir.

Ces derniers jours, tous les leaders politiques britanniques partisans du «non» sont venus faire campagne en Ecosse. La mobilisation est aussi très forte dans l’autre camp…

Les leaders des partis de Westminster sont venus en Ecosse dans la panique après le sondage donnant deux points d’avance au «oui». Ils ont utilisé leur voyage pour promettre «plus de pouvoirs» à l’Ecosse si elle vote «non». Mais ils sont incapables de se mettre d’accord sur ce que seraient ces pouvoirs. Le gouvernement a par ailleurs insisté sur le fait que cette option ne serait pas soumise au vote jeudi… On ne peut pas leur faire confiance et le peuple écossais voit clair dans ces promesses vides.

Qu’a changé ce sondage vous donnant gagnants dans votre stratégie?

Il n’a fait que refléter le sentiment commun dans cette campagne. Les électeurs sont de plus en plus nombreux à se tourner vers le «oui» parce qu’ils voient que l’Ecosse a les moyens de devenir indépendante et que le camp adverse se ridiculise de plus en plus. Mais la campagne n’est pas finie. Il nous reste encore du temps pour parler aux électeurs et les convaincre que le «oui» est la meilleure option.

Que répondez-vous à ceux qui prédisent un avenir compliqué à l’Ecosse?

Toutes les nations –indépendantes ou non- vont rencontrer des moments difficiles. Nous avons été honnêtes en disant que l’indépendance n’était pas une cure pour soigner tous les maux et réparer les injustices en Ecosse. Mais fondamentalement, elle mettrait dans les mains des Ecossais la possibilité de faire des changements. C’est pour cette raison que, quels que soient les défis qui nous attendent en tant que pays indépendant, l’Ecosse sera bien mieux sans l’Union.