Lutte contre le terrorisme: Obama accuse la France d’hypocrisie sur les rançons

DIPLOMATIE Selon des indiscrétions du «New-York Times», la position de la France est une vraie «source d’irritation» pour le président Obama…

Vincent Vantighem
— 
François Hollande et Barack Obama lors du sommet de l'Otan à Newport, le 5 septembre 2014
François Hollande et Barack Obama lors du sommet de l'Otan à Newport, le 5 septembre 2014 — Saul Loeb AFP

«Hypocrite!» En langage diplomatique, on appelle ça une bombe. Alors que la conférence internationale pour l’Irak s’est ouverte, ce lundi matin, à Paris, les débats entre la France et les Etats-Unis pourraient bien être perturbés par un article publié, samedi, par le New-York Times. Selon le média américain, le président Obama jugerait «hypocrite» la position de la France qui consiste, selon lui, à payer des rançons pour libérer ses otages, tout en affirmant ne jamais verser le moindre centime.

>> Les faits: La conférence pour sauver l’Irak s’ouvre aujourd’hui

Pour cela, le New-York Times s’appuie sur plusieurs indiscrétions émanant de visiteurs du président Obama qu’il aurait reçus avant de prononcer son discours à la Nation dans lequel il a déclaré la guerre au terrorisme. Selon ces visiteurs, Barack Obama «remarque avec irritation que le président Hollande assure que son pays ne paye pas [de rançon] alors qu’en fait, il le fait…»

Contestée pour sa gestion des otages, l’administration américaine a été accusée par la mère de James Foley, l’un des otages américains décapité, d’avoir entravé ses initiatives pour libérer son fils. Dans un entretien diffusé par la chaîne CNN, celle-ci a expliqué que sa famille avait été menacée de poursuites si elle tentait de lever des fonds pour payer la rançon réclamée par les ravisseurs de son fils.

La France aurait versé 58 millions depuis 2008

Sans vouloir commenter la gestion de son prédécesseur Nicolas Sarkozy, François Hollande a, en février 2013, assuré qu’il n’y avait pas «de questions financières en jeu» dans le cadre des tentatives de libération des otages français retenus par les terroristes. «L’Etat s’opposera à toute forme de versement», a-t-il assuré à l’époque.

>> Enquête: Comment les Européens financent Al-Qaïda?

Une affirmation qui a été remise en doute à plusieurs reprises lors de la libération d’otages français ces dernières années. En juillet dernier, une enquête très fouillée du New-York Times affirmait que la France avait payé –ou fait payer– depuis 2008, 58,1 millions de dollars pour faire libérer ses ressortissants.