Etat islamique: John Kerry au Caire pour constituer une coalition internationale

TERRORISME Le secrétaire d'Etat a affirmé que les Etats-Unis étaient désormais «en guerre» contre l'Etat islamique...

20 Minutes avec AFP

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Le secrétaire de la Ligue arabe Nabil al-Arabi (g) et le secrétaire d'Etat américain John Kerry, le 13 septembre 2014 au Caire
Le secrétaire de la Ligue arabe Nabil al-Arabi (g) et le secrétaire d'Etat américain John Kerry, le 13 septembre 2014 au Caire — Brendan Smialowski AFP

Le secrétaire d'Etat américain John Kerry était au Caire ce samedi dans le cadre d'une tournée visant à constituer une coalition internationale contre l'Etat islamique (EI), un groupe extrémiste sunnite armé contre lequel Washington s'est dit «en guerre».

 

Les efforts internationaux visant à lutter contre l'EI se sont multipliés cette semaine, avec la visite du président français François Hollande vendredi en Irak, et la tournée de John Kerry entamée mercredi à Bagdad.

Dans la capitale égyptienne, Kerry devait notamment s'entretenir avec le président Abdel Fattah Sissi et le secrétaire général de la Ligue arabe Nabil al-Arabi. Il avait obtenu jeudi à Jeddah (Arabie saoudite), l'engagement, y compris éventuellement militaire, de dix pays arabes à lutter contre ce groupe djihadiste qui sévit en Irak et en Syrie.

Les autorités religieuses appelées à prendre parti

Au Caire, il sera notamment question d'obtenir que «les institutions religieuses se prononcent contre l'EI, et en parlent dans leurs sermons du vendredi» lors des prières hebdomadaires dans les mosquées, a expliqué aux journalistes un responsable américain voyageant avec Kerry.

Le secrétaire d'Etat a tenté vendredi à Ankara de convaincre la Turquie de participer à la coalition que Washington cherche à mettre en place, se disant confiant quant au succès de sa mission. La Turquie refuse de participer activement aux opérations armées, redoutant notamment de mettre en péril la vie des 46 ressortissants retenus par les jihadistes dans le nord de l'Irak.

Dans cette «guerre» contre l'EI, ainsi que l'a formulé vendredi la Maison Blanche, le général à la retraite John Allen, homme-clé de la guerre en Irak, a été chargé de coordonner la future coalition.

«Voir ce que chacun veut ou peut faire»

Kerry doit participer lundi à une conférence internationale sur l'Irak qui se tient à Paris et à laquelle l'Iran, poids lourd chiite de la région et allié de Bagdad, n'a pour l'instant pas été invitée. Le secrétaire d'Etat américain a indiqué que la participation de Téhéran «ne serait pas adéquate», notamment en raison de son implication en Syrie, où l'Iran soutient le régime de Bachar al-Assad.

La conférence de Paris, où une vingtaine de pays sont attendus, «va permettre à chacun d'être beaucoup plus précis sur ce qu'il peut ou veut faire», indique une source diplomatique, soulignant que les décisions qui seront prises ne seront pas forcément rendues publiques. «On ne va pas dire qui va frapper, où et à quel moment».

Afin de préparer la conférence, le président français s'est rendu vendredi en Irak où il a promis d'aider «encore davantage militairement» Bagdad dans sa lutte contre l'EI, évoquant une prochaine «livraison de matériel militaire».

La France fournit depuis août des armes aux forces kurdes qui luttent contre l'EI dans le nord de l'Irak.

Hollande s'est en outre rendu à Erbil, capitale du Kurdistan, où il a rencontré des chrétiens déplacés. Des centaines de milliers de personnes, appartenant principalement à des minorités, ont fui début août vers cette région autonome du nord de l'Irak en raison de l'offensive de l'EI.