Irak: Hollande promet une aide militaire et des efforts antidjihadistes accrus

TERRORISME Le Président, en déplacement en Irak, a également indiqué que 60 tonnes de matériel humanitaire avait déjà été livrées pour venir en aide aux réfugiés...

20 Minutes avec AFP

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Le président François Hollande rencontre des réfugiés dans le camp de Ainkawa, le 12 septembre 2014 à Erbil
Le président François Hollande rencontre des réfugiés dans le camp de Ainkawa, le 12 septembre 2014 à Erbil — Aain Jocard POOL

Le président français François Hollande a promis vendredi à Bagdad d'aider «encore davantage militairement» l'Irak, dans le cadre des efforts intenses déployés pour tenter de défaire les djihadistes de l'Etat islamique (EI) responsables d'atrocités dans ce pays et en Syrie.

 

Dans le même temps, John Kerry tentait à Ankara de convaincre la Turquie de participer à la coalition internationale que Washington cherche à mettre en place contre l'EI, se disant confiant quant au succès de sa mission pour parvenir à former cette alliance de pays européens et arabes.

Le secrétaire d'Etat américain, qui devait poursuivre ce samedi sa tournée au Caire, a déjà obtenu l'engagement de dix pays arabes à lutter contre ce groupe extrémiste sunnite.

Une visite au Kurdistan

Après son étape à Bagdad, Hollande s'est rendu au Kurdistan, une région autonome du nord de l'Irak où se sont réfugiées des centaines de milliers de personnes déplacées début août par l'offensive de l'EI.

Il a rendu visite à des déplacés chrétiens dans une église d'Ainkawa, en périphérie d'Erbil, la capitale du Kurdistan. «Nous demandons l'asile à la France, sauvez-nous!» proclamait une feuille brandie par l'un d'eux dans le jardin de l'église.

Lors d'une conférence de presse avec le président du Kurdistan Massoud Barzani, François Hollande a annoncé l'établissement «d'un véritable pont humanitaire» pour ceux qui souhaitent quitter leur pays.

L'avion du Président transportait 15 tonnes d'aide humanitaire, comme des tentes, remises aux ONG présentes à Erbil. Il a quitté l'Irak dans la soirée.

Le président français avait indiqué plus tôt à Bagdad que la France avait déjà «livré plus de 60 tonnes de matériel» humanitaire.

«Menace globale»

Il s'agissait du premier chef d'Etat étranger à se rendre à Bagdad depuis le début le 9 juin de l'offensive de l'EI qui a pris de larges pans de territoires en Irak et en Syrie.

«Je suis venu (...) pour dire la disponibilité de la France pour aider encore davantage militairement l'Irak», a déclaré le président français qui a rencontré son homologue Fouad Massoum et le Premier ministre Haïdar al-Abadi.

Il a évoqué une prochaine «livraison de matériel militaire pour les Irakiens».

La France fournit depuis août des armes aux forces kurdes qui luttent contre l'EI dans le nord. Elle s'était dite prête à utiliser ses bombardiers en Irak «si nécessaire» dans le cadre de la stratégie définie mercredi par le président américain Barack Obama pour «détruire» ce groupe.

Des livraisons d'armes «décisives»

Hollande a estimé que ces livraisons d'armes aux peshmergas avaient été «décisives pour inverser le rapport de force».

La «menace globale (représentée par l'EI) appelle une réponse globale», a également souligné le président français, en précisant que la conférence internationale sur l'Irak prévue lundi à Paris avait pour objectif de coordonner les actions contre l'EI.

Alors que l'Iran, qui appuie le gouvernement irakien, n'a pour l'instant pas été invitée à Paris, John Kerry a indiqué que sa participation «ne serait pas adéquate», notamment en raison de son implication en Syrie, où Téhéran soutient le régime.

L'EI compte «20.000 à 31.500» combattants

Dans le cadre de sa stratégie, Obama a précisé qu'il étendrait la campagne aérienne contre l'EI en Irak qui s'est avérée déterminante dans la reprise par l'armée de positions jihadistes, et qu'il était prêt à lancer des frappes en Syrie.

Il a aussi annoncé son intention de renforcer l'armée irakienne et d'accroître l'aide militaire aux rebelles syriens qui combattent tant le régime de Bachar al-Assad que l'EI.

Au total, 1.600 militaires américains seront déployés en Irak pour apporter un appui aux forces armées irakiennes en termes d'équipements, de formation et de renseignements.

Selon l'agence américaine du renseignement (CIA), l'EI compte «entre 20.000 et 31.500» combattants en Syrie et en Irak.