VIDEO. Les Etats-Unis rallient 10 pays arabes contre les djihadistes, la Syrie met en garde

ETAT ISLAMIQUE John Kerry a réussi lors d'une réunion à Jeddah (Arabie saoudite) à convaincre ses homologues arabes, dont le poids lourd saoudien. Washington, les pays du Golfe, l'Egypte, l'Irak, le Liban et la Jordanie...

20 Minutes avec AFP

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John Kerry avant une réunion avec les pays du Golfe à Jiddah, en Arabie saoudite, le 11 septembre 2014.
John Kerry avant une réunion avec les pays du Golfe à Jiddah, en Arabie saoudite, le 11 septembre 2014. — Brendan Smialowski/AP/SIPA

Les Etats-Unis ont obtenu jeudi de dix pays arabes leur l'engagement, y compris éventuellement militaire, dans l'offensive annoncée par le président Barack Obama pour «éradiquer» les djihadistes de l'Etat islamique (EI) en Irak et en Syrie. Le régime syrien, appuyé par la Russie, a toutefois mis en garde Washington contre d'éventuelles frappes sur son territoire sans son accord.

Après la déclaration solennelle de Barack Obama à la Maison Blanche mercredi soir, son chef de la diplomatie John Kerry a réussi lors d'une réunion à Jeddah (Arabie saoudite) à convaincre ses homologues arabes, dont le poids lourd saoudien. Washington, les pays du Golfe, l'Egypte, l'Irak, le Liban et la Jordanie «ont déclaré leur engagement partagé à se tenir unis contre la menace que pose pour la région et le monde le terrorisme, y compris le soi-disant EI», selon un communiqué commun, au terme de sept heures de tractations.

«Pas de troupes combattantes américaines au sol, point à la ligne»

Ce soutien ferme des pays arabes inclut leur accord à «se joindre, le cas échéant, à une campagne militaire coordonnée», précise le communiqué sans entrer dans les détails. Toutefois, a souligné John Kerry devant la presse à Jeddah, «aucun pays ne parle de placer des troupes au sol et nous ne pensons pas qu'il y en ait besoin». A la télévision ABC, il a été encore plus clair: «Pas de troupes combattantes américaines au sol, point à la ligne». Il aussi affirmé sur les chaînes CNN et CBS que les Etats-Unis n'étaient «pas en guerre contre l'Etat islamique», mais conduisaient une «très importante opération anti-terroriste». Le chef de la diplomatie américaine poursuivra sa tournée vendredi à Ankara puis au Caire samedi pour rencontrer le chef de la Ligue arabe.

Dans son allocution, le président Obama avait martelé l'objectif de son «plan d'action»: «Nous affaiblirons, et, à terme, détruirons l'EI». Pour y parvenir, «je n'hésiterai pas à agir contre l'EI en Syrie, comme en Irak», avait-il annoncé. Des avions américains pourraient donc effectuer des raids contre des bastions de l'EI en Syrie, en plus des quelque 150 frappes conduites depuis le 8 août en Irak. Ces raids se sont avérés déterminants dans la reprise par les troupes irakiennes de positions tenues par les djihadistes.

La stratégie Obama a été bien accueillie par l'opposition syrienne modérée, qui devrait bénéficier des moyens militaires qu'elle réclame depuis longtemps. Mais le Congrès américain a prévenu qu'il n'y aurait pas de vote sur cette aide avant la semaine prochaine. Sans surprise, Moscou, allié de Damas, a jugé que des frappes en Syrie sans l'aval de l'ONU constitueraient une «violation grossière» du droit international. Le régime de Bachar al-Assad a également prévenu Washington que «toute action sans l'accord du gouvernement serait considérée comme une attaque contre la Syrie».