Discours de Barack Obama sur l’Etat islamique: «C’est la seule stratégie possible»

INTERVIEW Le chercheur Thomas Snegaroff analyse les coutours de la stratégie du président américain pour lutter contre l’Etat islamique…

Propos recueillis par Bertrand de Volontat

— 

Barack Obama à un sommet de l'OTAN au Pays de Galles, le 5 septembre 2014.
Barack Obama à un sommet de l'OTAN au Pays de Galles, le 5 septembre 2014. — Jon Super/AP/SIPA

La contre-offensive est lancée. Barack Obama a présenté, ce mercredi, sa stratégie contre l'Etat islamique (EI, qui a décapité ces dernières semaines deux journalistes américains), lors d'une allocution solennelle télévisée depuis la Maison Blanche. Au programme : frapper l'Etat islamique en Syrie et à étendre les raids menés en Irak depuis un mois, et la promesse de «détruire» le groupe djihadiste ultra-radical. Thomas Snegaroff, directeur de recherches à l’IRIS, spécialiste des Etats-Unis, hôte de l’émission «Histoires d’info», sur France Info, décrypte pour 20 Minutes la stratégie d’Obama.

La stratégie annoncée par Barack Obama est-elle la meilleure qui pouvait être attendue?

Il est trop tôt pour dire si c’est la meilleure, mais c’est la seule stratégie possible pour trois raisons. Premièrement, car le Président américain a confirmé que les Etats-Unis n’enverraient pas de soldats au sol, une doctrine qu’il défend depuis 2012. Ensuite, car la coalition internationale qu’il appelle est très large avec en particulier des pays sunnites (Jordanie, Koweit, Qatar, Arabie Saoudite), ce qui évite que cette intervention soit perçue comme en 2003 comme une croisade anti-Musulmans. Troisièmement, Obama est parvenu sur le plan national à un accord bipartisan en n’oubliant pas la Syrie et Bachar Al-Assad  comme ennemi des Etats-Unis, et en autorisant l’aide pour armer et entraîner les rebelles syriens. Un point soutenu par les Républicains notamment le sénateur de l'Arizona et ancien adversaire à l'élection présidentielle, John McCain.

Etait-ce le point d’orgue de la doctrine Obama?

C’est une déclaration essentielle mais ce ne sera pas la dernière. Obama se rendra notamment devant l’ONU le 24 septembre prochain et les frappes se feront avec l’accord onusien. On note toutefois une gradation dans les propos américains depuis le mois de juillet. Cette déclaration est à ce jour la plus forte.

Doit-on s’attendre à une escalade dans le conflit entre EI et l’Occident ?

L’Etat islamique ne va pas rester muet devant cette déclaration de guerre. Si le conflit est ouvert depuis début août avec les premières frappes américaines, il est probable qu’il y ait une réaction. Notamment avec de nouveaux otages, mais ces actions nourrissent la doctrine Obama.