L'espoir au bout du vote

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Peter Muhly AFP

La paix, peut-être, mais avec dix ans de retard. Les Nord-Irlandais sont appelés aux urnes aujourd'hui pour désigner les cent-huit députés qui les représenteront à l'Assemblée régionale, en sommeil depuis sa mise sous tutelle par les Britanniques en 2002. Objectif de ce scrutin : faire en sorte que les ennemis d'hier réussissent enfin à gouverner ensemble.Dix ans après l'accord du Vendredi Saint, en avril 1998, la perspective d'un nouveau partage du pouvoir entre catholiques et protestant est bien là, chacun des leaders historiques ayant accepté de faire taire clivages et rancoeurs, après plus de trente années de conflit de 1966 à 1998.Les catholiques de l'Armée républicaine irlandaise (IRA) et son aile politique, le Sinn Féin, avec à leur tête Gerry Adams, leader historique, et Martin McGuinness, ancien numéro deux de l'IRA, ont réussi la métamorphose radicale de leurs partis. En renonçant officiellement à la lutte armée en juillet 2005, l'IRA a scellé sa reconversion. La reconnaissance par le Sinn Féin, le 28 janvier dernier, de l'autorité des tribunaux de la police nord-irlandaise, ainsi que l'exigeait son ennemi d'hier, le Parti démocratique unioniste (DUP), était la dernière marche vers la paix. Côté protestants, le DUP est incontestablement à bout d'arguments pour refuser de partager le pouvoir. De fait, son vieux leader radical, Ian Paisley, semble sur le point d'accepter un gouvernement de coalition où il serait Premier ministre et Martin McGuinness vice-Premier ministre.


Armelle Le Goff