Ecosse: Branle-bas de combat face à la montée du oui à l'indépendance

POLITIQUE David Cameron, Nick Clegg et Ed Miliband, trois hauts dirigeants britanniques se rendent en Ecosse mercredi pour tenter de garder inchangées les frontières du Royaume-Uni…

20 Minutes avec AFP

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Le drapeau écossais (en haut) et le drapeau du Royaume Uni, photographiés le 17 aout 2014 sur la frontière historique entre l'Ecosse et l'Angleterre
Le drapeau écossais (en haut) et le drapeau du Royaume Uni, photographiés le 17 aout 2014 sur la frontière historique entre l'Ecosse et l'Angleterre — Andy Buchanan AFP

Les trois dirigeants de la majorité et de l’opposition britanniques coalisés pour «sauver le Royaume-Uni» ont décidé de se rendre mercredi en Ecosse afin d’essayer d’y enrayer la montée du «oui» à l’approche du référendum d’indépendance. Au risque de conforter l’impression de panique à bord.

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Le Premier ministre conservateur David Cameron et le libéral-démocrate Nick Clegg alliés au sein du gouvernement, et leur adversaire Ed Miliband, patron du parti travailliste, ont annoncé leur déplacement dans un communiqué conjoint. Au même moment, à Edimbourg, le dirigeant séparatiste Alex Salmond affichait sa confiance en la victoire le 18 septembre. Et raillait la contre-offensive «unioniste» de dernière minute, sur l’air du trop peu, trop tard.

«Nous sommes mieux ensemble au sein du Royaume-Uni»

«Il y a beaucoup de choses qui nous divisent mais il y a un sujet sur lequel nous sommes d’accord, passionnément: nous sommes mieux ensemble au sein du Royaume-Uni», ont écrit les trois dirigeants qui ont choisi de shunter la sacro-sainte séance de questions des députés au gouvernement. «Je ferai tout ce qui est en mon pouvoir», a commenté par ailleurs Cameron, qui joue dans l’affaire sa crédibilité et peut-être son avenir politique.

Les trois dirigeants martèleront le même message en faveur du maintien du Royaume-Uni constitué de l’Angleterre, de l’Ecosse, du Pays de Galles et de l’Irande du nord, mais a priori dans des meetings électoraux distincts, selon leurs états-majors.

L’ex-Premier ministre travailliste, Gordon Brown, avait lancé la contre-attaque dès lundi soir. Il offre la triple particularité d’être Ecossais, d’être travailliste dans une terre traditionnellement ancrée à gauche, et d’être localement le moins impopulaire (avec un indice de satisfaction de 32 %) des hommes politiques siégeant au parlement central de Westminster.

Le «oui» et le «non» au coude-à-coude

Si le non à l’indépendance l’emporte le 18 septembre, «nous commencerons dès le 19 le travail législatif en vue de donner jour à un Parlement écossais renforcé», a assuré lundi soir Gordon Brown. Un projet de loi conférant au parlement régional d’Holyrood des pouvoirs accrus en matière de politique financière et de santé sera prêt dès janvier 2015, a-t-il promis.

Ce mardi cependant, un nouveau sondage TNS plaçait les partisans du oui au coude-à-coude avec les tenants du non, avec respectivement 38 et 39 % des intentions de vote. Un sondage YouGov avait pronostiqué pour la première fois dimanche la victoire des séparatistes qui entendent déchirer l’accord d’union avec l’Angleterre vieux de 307 ans.

«Nous allons gagner ce référendum en faveur de l’Écosse», a donc assuré avec une confiance démultipliée Alex Salmond. Il rêve de rééditer le raz-de-marée électoral (non-anticipé par les instituts de sondage), qui a conféré une majorité absolue à sa formation séparatiste, le Scottish National Party (SNP), aux législatives régionales de 2011.

David Cameron croyait l’emporter haut la main

Engageant une partie de poker menteur à hauts risques, David Cameron a accepté voici 18 mois l’organisation d’un référendum qu’il croyait remporter haut la main. Mais il a cru bon refuser une proposition d’Alex Salmond qui souhaitait une consultation à double détente. Avec une première question portant sur l’indépendance, et une seconde sur l’octroi de pouvoirs supplémentaires.