Virus Ebola: Le pire est encore à venir selon un rapport de l’OMS

EPIDEMIE Plusieurs milliers de nouveaux cas d'Ebola sont attendus au Liberia dans les trois prochaines semaines, averti l’organisation…

20 Minutes avec AFP

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Carte localisant les pays touchés ou menacés par Ebola, nombre de cas et décès
Carte localisant les pays touchés ou menacés par Ebola, nombre de cas et décès — I. de Véricourt/A.Bommenel AFP

Face à la «propagation exponentielle» d'Ebola, les pays africains en proie à l'épidémie tentaient mardi de s'organiser pour «freiner la transmission» de la maladie, première étape prioritaire dans la «guerre contre le virus», selon l'OMS.

Par ailleurs, un médecin de l'Organisation mondiale de la Santé (OMS) contaminé dans l'est de la Sierra Leone, aux confins de la Guinée et du Liberia, épicentre de l'épidémie, était en cours d'évacuation. Il s'agit vraisemblablement du patient qui devait être transféré aux Etats-Unis mardi, bien qu'aucun détail n'ait été donné sur son identité.

Alors que l'épidémie a déjà fait plus de 2.000 morts en Afrique de l'Ouest depuis le début de l'année, un rapport publié lundi par l'OMS a fait l'effet d'un nouveau coup de tonnerre. «Plusieurs milliers de nouveaux cas d'Ebola sont attendus au Liberia dans les trois prochaines semaines», a averti l'organisation.

Une stratégie en deux étapes

Et mardi l'OMS a reconnu qu'il serait irréaliste à ce stade de vouloir arrêter la propagation du virus dans les zones où le nombre de cas «augmente exponentiellement», comme dans la capitale libérienne Monrovia, se fixant pour objectif de la freiner.

Dans ces zones, « nous visons une stratégie en deux étapes: d'abord réduire la transmission autant que possible, puis quand elle deviendra contrôlable, nous essaierons de l'arrêter complètement », a déclaré le Dr Sylvie Briand, directrice de l'épidémiologie à l'OMS. «C'est une guerre contre le virus», a-t-elle souligné à Genève, disant «toujours espérer que nous pouvons la gagner».

L'épidémie, la plus grave depuis l'identification de cette fièvre hémorragique en 1976, a fait plus de 2.000 morts pour quelque 4.000 cas depuis le début de l'année au Liberia, en Sierra Leone et en Guinée. Sept décès ont été aussi recensés au Nigeria, première puissance économique du continent, et un malade de Guinée est entré au Sénégal.

Saturation des centres de traitements

La saturation des centres de traitements (240 lits disponibles dans la province de Monrovia, et 260 en cours d'installation, pour des besoins estimés à 1.000) favorise la contagion, a souligné l'OMS, les malades, obligés de rester dans leur quartier, «contaminant inévitablement» leur entourage.

Afin de pallier à cette pénurie, l'organisation recommande l'équipement et la formation des populations «pour prendre soin avec plus de sécurité des patients d'Ebola qui ne peuvent être hospitalisés», y compris par la distribution de matériel de protection aux familles.

Les autorités libériennes, invoquant le soutien et la coopération de la population à leurs efforts, ont levé lundi la quarantaine de Dolo Town, à l'est de Monrovia, et réduit de deux heures le couvre-feu nocturne imposé dans tout le pays depuis le 20 août.