Vol MH17: Ce que révèle le premier rapport sur le crash du Boeing en Ukraine

AVION Le rapport reste prudent et ne mentionne notamment pas le mot «missile»…

20 Minutes avec AFP

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Le site du crash de l'avion de la Malaysia Airlines MH17 dans un champ de tournesols près de Rassipnoe, dans l'est de l'Ukraine une zone tenue par les rebelles pro-russes le 19 juillet 2014
Le site du crash de l'avion de la Malaysia Airlines MH17 dans un champ de tournesols près de Rassipnoe, dans l'est de l'Ukraine une zone tenue par les rebelles pro-russes le 19 juillet 2014 — Dominique Faget AFP

Un premier rapport publié mardi sur le crash du vol MH17 dans l’est de l’Ukraine assure que l’appareil a été perforé en vol mais reste prudent: s’il évoque des «projectiles à haute vitesse», il ne mentionne pas le mot missile, théorie évoquée depuis le drame.

«De nombreux projectiles à grande vitesse»

Le vol MH17 de Malaysia Airlines a été frappé par «un grand nombre de projectiles à haute vitesse qui ont perforé l’appareil depuis l’extérieur», affirme le Bureau d’enquête néerlandais pour la sécurité (OVV), chargé de l’enquête.

Les photos prises sur le lieu du crash montrent «de nombreux petits trous et de nombreuses marques» sur un morceau de fuselage, identifié comme la partie gauche du cockpit. Les caractéristiques de ces trous et les déformations du fuselage autour de ces trous prouvent que les projectiles provenaient «de l’extérieur du fuselage», assure l’OVV.

«Explosion en vol»

Le Boeing 777 s’est «disloqué en vol», en raison probablement de dégâts structurels causés par ce grand nombre de projectiles, précise également le rapport.

Les débris de l’avion ont été retrouvés sur une large aire de 10 kilomètres sur 5 kilomètres, ce qui corrobore également la théorie d’une explosion en vol, souligne l’OVV, images satellites à l’appui.

Les morceaux de fuselage provenant de l’avant de l’appareil sont ceux qui ont été retrouvés à l’endroit le plus proche du dernier emplacement connu de l’avion, ce qui prouve que l’avant du Boeing «s’est disloqué en premier».

«Pas de défaillance technique ou faute de l’équipage»

«Il n’y a aucune indication selon laquelle le crash a été causé par une défaillance technique, ou par les actions de l’équipage», qui était «qualifié et expérimenté», a assuré l’OVV.

Il n’y avait également aucun signal d’alerte dans le cockpit qui aurait pu indiquer des problèmes techniques et aucun appel de détresse n’a été émis avant que l’appareil ne disparaisse des radars. L’équipage disposait de toutes les autorisations et avait de nombreuses heures de vol à son actif.

«Fin abrupte»

La dernière transmission émise par l’équipage a commencé à 13h19 et 56 secondes et a pris fin trois secondes plus tard. «Romeo November Delta, Malaysian one seven» furent ainsi les derniers mots transmis l’équipage, en réponse à une transmission d’un centre de contrôle aérien ukrainien.

Celui-ci essaya ensuite de contacter le Boeing de la Malaysia Airlines entre 13h20 et 13h22 et 02 secondes mais ne reçut aucune réponse. Il contacta alors le centre de contrôle russe voisin: «observez-vous l’avion malaisien?» «Il ne répond pas à nos appels non plus», répond le centre russe. «Il a disparu», assure l’Ukraine. «Nous ne voyons rien», répond la Russie.

«Une enquête complémentaire est nécessaire»

Dans son rapport préliminaire, le bureau d’enquête présente ses premières conclusions, basées sur les données des boîtes noires, des photos et vidéos, des images satellites, des données météos et des données des différents centres de contrôle de trafic aérien.

Les inspecteurs néerlandais ne s’étaient pas rendus sur les lieux du crash, estimant que leur sécurité n’y était pas assurée. Les morceaux de fuselage n’ont donc pas été examiné physiquement et aucune enquête scientifique n’a pu être menée sur les matériaux, ce qui sera le cas si l’OVV entre un jour en possession de la carcasse de l’appareil. «Une enquête complémentaire» sera donc nécessaire avant la publication du rapport final, qui est attendu pour l’été 2015.