Le Drian: «Nous devons agir en Libye et mobiliser la communauté internationale»

LIBYE Le ministre de la Défense entend en parler dès mardi, à Milan, avec ses homologues européens…

20 Minutes avec AFP
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Jean-Yves Le Drian, le 4 août 2014 à Rennes
Jean-Yves Le Drian, le 4 août 2014 à Rennes — MIGUEL MEDINA

Le ministre de la Défense Jean-Yves Le Drian juge que la France doit «agir en Libye et mobiliser la communauté internationale» sur le sort de ce pays, dans un entretien au Figaro à paraître mardi.

«Nous devons agir en Libye et mobiliser la communauté internationale. J’en parlerai dès aujourd’hui (mardi) à Milan avec mes homologues européens (avec lesquels il tient une réunion informelle, NDLR). L’Assemblée générale des Nations unies est une autre occasion à saisir», dit le ministre.

«J’alerte aujourd’hui sur la gravité de la situation en Libye»

«Rappelons-nous ce que nous avons collectivement entrepris et réussi au Mali: une opération militaire de grande ampleur pour libérer ce pays de la menace djihadiste, et un processus politique démocratique. La dégradation de la situation sécuritaire en Libye pourrait entamer cet acquis. J’alerte aujourd’hui sur la gravité de la situation en Libye», déclare Jean-Yves Le Drian.

«Le sud libyen est une sorte de "hub" où les groupes terroristes viennent s’approvisionner, y compris en armes, et se réorganiser. Leurs principaux chefs, l’émir Droughdal ou Mokhtar Belmokhtar, y transitent régulièrement. Au nord, les centres politiques et économiques du pays sont désormais menacés d’être contrôlés par ces djihadistes. Or la Libye est à la fois la porte de l’Europe et du Sahara. C’est aussi la zone de tous les trafics, à commencer par le trafic d’êtres humains dont le passage de la Méditerranée sur des embarcations de fortune finance massivement ces groupes», dit-il encore.

Le dispositif militaire français au Mali remonté vers la frontière libyenne?

Jean-Yves Le Drian juge que le dispositif militaire français au Mali, Barkhane, pourrait être amené à «"monter" vers la frontière libyenne».

«Tout cela se fait en bonne intelligence avec les Algériens qui sont des acteurs majeurs de cette région et dont c’est aussi l’intérêt. "Barkhane" doit rassembler l’ensemble des États de la région pour assurer une défense et une sécurité communes. Le premier Forum de Dakar (15-16 décembre) devra notamment répondre à ces enjeux».

Depuis la chute du régime de Mouammar Kadhafi en 2011, les autorités transitoires ne sont pas parvenues à rétablir l’ordre et la sécurité dans le pays. La Libye est en proie à des combats meurtriers entre milices rivales depuis la mi-juillet.