Indépendance de l’Écosse: Quels sont les points de frictions entre les pour et les contre?

REFERENDUM Chaque partie défend le futur de l’Ecosse, le «non» étant largement soutenu par les pouvoirs britanniques…

Bertrand de Volontat

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Débat entre les dirigeants des deux camps du référendum sur l'Ecosse mardi 5 août 2014 à Glasgow: le Premier ministre ecossais, partisan de l'indépendance Alex Salmond (g) face à Alistair Darling (d), qui défend le maintien dans le Royamue Uni
Débat entre les dirigeants des deux camps du référendum sur l'Ecosse mardi 5 août 2014 à Glasgow: le Premier ministre ecossais, partisan de l'indépendance Alex Salmond (g) face à Alistair Darling (d), qui défend le maintien dans le Royamue Uni — Peter Devlin Pool

Les partisans de l’indépendance écossaise progressent. Le sondage publié ce dimanche par le Sunday Times, réalisé par YouGov, donne le «oui» à 47%, contre 45% pour le «non». Quelques 6% des électeurs sont encore indécis sur la sécession de l’Ecosse du Royaume-Uni, unis depuis 307 ans, concernant laquelle ils seront consultés le 18 septembre. Quels sont les arguments concrets des deux parties à dix jours du scrutin sur l’indépendance de leur pays?

En faveur du «non»

> La Livre Sterling. La question de la monnaie est centrale, et c’est l'un des arguments principaux du camp du «non» à l’indépendance. Le Premier ministre écossais Alex Salmond a beau promettre que les indépendantistes conserveront la Livre Sterling et instaureront une union monétaire entre l’Ecosse et le Royaume-Uni, sous la supervision de la Banque d’Angleterre, les représentants du «non» assurent qu’une telle situation ne sera jamais mise en place. Ce qui inquiète une partie des électeurs, soucieux de la prospérité économique de leur pays. C’est d’ailleurs sur ce sujet qu’Alex Salmond, chef du Parti national écossais, a été mis en difficulté par Alistair Darling, qui lui reprochait de ne pas disposer de «plan B».

> Les promesses d’autonomie. Le Chancelier de l’Echiquier, le conservateur George Osborne a précisé qu’en cas de victoire du non, de nouveaux pouvoirs comprenant une plus grande autonomie fiscale -permettant à l’Ecosse de lever plus d’impôts locaux-, les dépenses et la santé seraient transférés à l’Ecosse.

> Le patriotisme avancé. Gordon Brown, l’ancien premier ministre travailliste du Royaume-Uni et lui-même Ecossais, commence une tournée en Ecosse de six jours pour convaincre les votants hésitant qu’un vote «non» équivaut à ce stade à un «acte patriotique».

En faveur du «oui»

> La réponse aux offres des conservateurs. Depuis le sondage de dimanche, les partisans du «oui» sourient aux manœuvres désespérées du «non», «trop petites et pas suffisantes», disent-ils. «Ils n’ont pas réussi à effrayer les Ecossais, maintenant ils tentent de nous soudoyer», affirment les indépendantistes. L’indépendance est «la meilleure façon de faire croître notre économie, de créer des emplois et que nous serons toujours gouvernés par ceux que nous avons choisis», scande Nicola Sturgeon, la vice-présidente du Parti national écossais.

> Le pétrole, vers une manne 100% écossaise. Depuis le milieu des années 1970, 42 milliards de barils de pétrole ont été extraits en Mer du Nord, offrant une manne financière bienvenue au Royaume-Uni et une prospérité économique à toute la région. Les recettes fiscales liées à ces gisements sont importantes et suscitent une véritable polémique entre les défenseurs de l’indépendance, qui veulent que l’Ecosse jouisse seule de ces revenus, et leurs adversaires. Les opposants arguent, par ailleurs, que les mannes pétrolières disponibles diminuent, ce que la plupart des spécialistes confirment.

> La sortie de l’Union européenne contestée. Dans une Ecosse favorable à l’UE, la promesse de David Cameron de soumettre la sortie du Royaume-Uni de l’Union européenne au référendum, en 2017, passe mal. L’adhésion écossaise à Bruxelles devient donc un véritable argument de campagne et pourrait s’avérer décisive.

Les sujets à débat

> Le système de santé du Royaume-Uni. C'est un sujet sur lequel les deux partis s’opposent. Les travaillistes, mais aussi les jeunes et les femmes, se tournent majoritairement vers le parti national qui considère qu’avec une victoire du «oui», les Ecossais seraient mieux protégés.