Les cinq conséquences d’une Écosse indépendante

REFERENDUM Alors que le «oui» à l’indépendance tient la corde dans les sondages, «20 Minutes» liste les conséquences d'une Ecosse sortie du joug britannique…

Bertrand de Volontat

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Le drapeau écossais (en haut) et le drapeau du Royaume Uni, photographiés le 17 aout 2014 sur la frontière historique entre l'Ecosse et l'Angleterre
Le drapeau écossais (en haut) et le drapeau du Royaume Uni, photographiés le 17 aout 2014 sur la frontière historique entre l'Ecosse et l'Angleterre — Andy Buchanan AFP

Bien plus qu’un simple référendum, une page de l’Histoire à écrire. A moins de deux semaines du référendum du 18 septembre, les indépendantistes écossais prennent l’avantage, alors qu’ils accusaient un retard de 22 points sur les unionistes il y a encore un mois. Le Parti national écossais d’Alex Salmond, le Premier ministre, pourrait parvenir à son but: rompre le lien qui unit depuis 307 ans l’Ecosse à l’Angleterre.

Si les électeurs choisissent l’indépendance le 18 septembre, des négociations seront menées avec le gouvernement britannique au sujet de la monnaie, de la dette, du pétrole de la mer du Nord et de l’avenir de la base nucléaire sous-marine britannique en Ecosse. L’indépendance serait alors prononcée le 24 mars 2016. Avec quelles conséquences? 20 Minutes fait le point…

Intégrer l’UE, un parcours du combattant?

Si Alex Salmond souhaite ardemment que l’Ecosse adhère à l’UE en cas d’indépendance, cette demande entraînerait le déclenchement d’un lourd processus d’approbation à Bruxelles à l’issue incertaine. José Manuel Barroso, président de la Commission européenne pour quelques semaines encore, estime qu’il «serait extrêmement difficile, voire impossible» d’envisager une telle éventualité. De même, le chef du gouvernement espagnol, Mariano Rajoy, s’est prononcé contre. Les 28 pays membres de l’UE devront de toute façon voter à l’unanimité.

L’Ecosse pourrait-elle conserver la livre sterling?

Les indépendantistes affirment vouloir conserver la monnaie britannique, un avis loin d’être partagé par Londres. Dans le cas d’une nouvelle monnaie, son cours serait probablement faible, en attendant une éventuelle adhésion à l’euro.

L’Ecosse pourrait-elle se défendre?

Outre un aménagement de nouvelles frontières, d’une nouvelle capitale, Edimbourg, l’Ecosse devrait se passer de la force armée britannique qui retirerait ses sous marins nucléaires. En effet, l’Ecosse abrite l’une des trois bases navales opérationnelles de la Royal Navy, près de 10.000 soldats et une base aérienne notamment. L’indépendance du pays impliquerait donc des transferts importants et poserait la question cruciale de la défense de l’Ecosse, qui n’est pas réglée à cette heure.

Le Royaume-Uni en souffrirait-il?

Sur le plan politique, si le oui passe, la pression monterait pour que Cameron démissionne, car on lui reproche d’avoir organisé ce référendum. Aussi, si l’Ecosse quitte le Royaume-Uni, ce dernier risque de quitter l’Union Européenne. De même, l’indépendance de l’Ecosse serait une catastrophe pour les travaillistes car 41 de leurs députés (sur 255 à la Chambre des Communes qui représentent 650 députés) viennent d’Ecosse. Enfin, le Royaume-Uni perdrait 8 % de sa population et 30 % de son territoire. Premier effet concret, ce lundi la livre Sterling a perdu près de 1 %, son plus bas niveau depuis novembre 2013 et sa plus forte baisse quotidienne de ces huit derniers mois. Mais les conséquences économiques d’une indépendance seraient faibles pour le Royaume-Uni, assurent les analystes.

Les JO de Rio d’août 2016, sans l’Ecosse?

Point mineur dans les conséquences, les JO de Rio qui interviendraient quelques mois après la déclaration d’indépendance, poseraient le problème de la défense des couleurs britanniques. En effet, durant cet événement, Ecossais, Anglais, Gallois et Nord-Irlandais représentent le Royaume-Uni. L’Ecosse aurait-elle alors les moyens de présenter suffisamment de sportifs, les fédérations seraient-elles prêtes à assurer financièrement la quinzaine sportive au Brésil? Andy Murray, la star écossaise du tennis britannique deviendrait à coup sûr le porte-drapeau de l’Ecosse, au grand dam de la Couronne.

>> Vous vivez en Ecosse ou êtes Ecossais? Comment réagissez-vous aux résultats du sondage donnant le «oui» en tête? Quelle est votre position? Pourquoi? Réagissez dans les commentaires ci-dessous ou via contribution@20Minutes.fr...