Référendum sur l’indépendance de l’Écosse: «Une victoire du oui serait un choc et une énorme surprise»

INTERVIEW Un professeur en civilisation britannique explique comment le «oui» a refait son retard en quelques semaines...

Bertrand de Volontat

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Un partisan de l'indépendance de l'Ecosse brandit le drapeau de l'Ecosse sur lequel est inscrit un "YES", le 21 septembre 2013
Un partisan de l'indépendance de l'Ecosse brandit le drapeau de l'Ecosse sur lequel est inscrit un "YES", le 21 septembre 2013 — Andy Buchanan AFP

Coup de tonnerre au Royaume-Uni. Les partisans de l’indépendance de l’Ecosse sont pour la première fois en tête dans un sondage publié dimanche, à onze jours du référendum sur une sécession éventuelle. Selon ce sondage YouGov/Sunday Times, le oui remporte 47 % (+5 points) d’opinions favorables contre 45 % (-3) pour les partisans du maintien de l’Ecosse au sein du Royaume-Uni, 6 % restant encore indécis et 1 % annonçant ne pas vouloir voter. Analyse du scénario à prévoir d’ici le 18 septembre et des conséquences d’une victoire nationaliste avec Gilles Leydier, professeur de civilisation britannique à l’université de Toulon.

Ce sondage marque-t-il un tournant dans cette campagne?

Malgré la marge d’erreur et la part d’incertitude, c’est tout de même la première fois que le oui l’emporte dans un sondage, c’est significatif et symbolique. D’autant que le même sondage il y a quinze jours donnait une victoire du «non» à 53 %. Mais depuis un mois, il y a vraie dynamique en faveur du «oui», c’est désormais une campagne serrée alors qu’avant l’été le «non» l’emportait à 60 %.

Comment expliquer ce revirement de situation?

Sachant que le taux de participation va être très élevé, les deux camps tentent de toucher les indécis au rang desquels on trouve notamment les jeunes, populaires et qui n’ont jamais voté. L’électorat féminin évolue aussi en faveur du oui, depuis 15 jours et le dernier débat télévisé que le porte-drapeau nationaliste a dominé. Sur le programme, il est difficile de dire si l’Ecosse ira mieux économiquement avec ou sans son indépendance.

Il reste 15 jours, la tendance va-t-elle se maintenir?

Le «oui» peut continuer de croître, notamment renforcé par ce sondage, et les partis politiques du «non» commencent à prendre peur, notamment du côté de David Cameron, le premier ministre britannique. A deux semaines du terme c’est ouvert mais après deux ans de campagne une victoire du oui serait un choc et une énorme surprise.

Une victoire des indépendantistes ouvrirait-elle une brèche en Europe?

Ça peut faire boule de neige et donner des idées mais d’autres indépendantistes comme les Catalans n’ont pas besoin des Ecossais pour leur mouvement. Quel que soit le résultat, la question du nationalisme restera entière en Ecosse et ailleurs. D’autant que les Ecossais avancent en parallèle sur une autonomie politique progressive, comme au niveau de leurs pouvoirs fiscaux.