Ebola: Ce que la réunion d’urgence de l’Union africaine peut changer

SANTÉ L’Union africaine se réunit ce lundi dans l’urgence pour définir une stratégie continentale pour contrer le virus…

Bertrand de Volontat

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Des enfants regardent une affiche le 24 août 2014 mettant en garde contre le virus Ebola, à Abidjan
Des enfants regardent une affiche le 24 août 2014 mettant en garde contre le virus Ebola, à Abidjan — Sia Kambou AFP

Un sommet pour enfin établir un cap? L'Union africaine (UA) va se réunir d'urgence ce lundi à Addis Abeba pour définir une stratégie à l'échelle du continent sur l'épidémie d'Ebola qui ne cesse de s'étendre en Afrique de l'Ouest. Le virus a tué depuis le début de l'année 2014 plus de 2.000 personnes, sur 3.944 cas, au Sierra Leone, en Guinée et au Libéria, les trois pays les plus touchés, ainsi qu'au Nigéria, a indiqué vendredi l'Organisation mondiale de la santé (OMS).

Le conseil exécutif de l'UA souhaite forger une vision commune de la maladie et adopter une approche collective au niveau du continent qui prenne en compte son impact sociopolitique et économique. Quel impact aura cette réunion?

>Une réunion pour sonner l’alarme

«Une réunion de chefs d’Etat est souhaitable car son existence même peut avoir des conséquences positives, analyse Rony Brauman ancien président de Médecins sans frontières, interrogé par 20 Minutes. Il est temps de sonner une alarme à la hauteur des enjeux de cette situation.»

>L’impact de l’UA

«L’UA n’est pas dotée de capacités d’action réelles mais elle a la vertu de donner un visage à l’action à mener contre Ebola», estime Rony Brauman qui compte sur la réunion de lundi pour envoyer un message à la comunauté internationale. L'UA peut aussi faciliter la transmission du message aux populations africaines. «Les mesures passent mieux si les peuples ne les considèrent pas comme une punition», poursuit-il.

>La fermeture des frontières, une bonne idée?

L’UA examinera les conséquences de la «stigmatisation des pays touchés et de leurs ressortissants». Les pays membres de l’UA s’inquiètent de la fermeture des frontières et de la suspension des vols décidées par un nombre croissant de compagnies aériennes et de pays. «La suspension des vols n’a pas d’effet sur la propagation du virus mais répond à l’angoisse des personnels navigants», affirme Rony Brauman. Quant à la fermeture des frontières, l’efficacité est limitée car il est impossible de contenir toute une population.

Le Sierra Leone en pays test?

Du 19 au 21 septembre prochains, la population de la Sierra Leone sera confinée chez elle. L'objectif est de détecter plus facilement les cas de fièvre hémorragique Ebola, qui ne cesse de progresser dans le pays, comme dans d'autres zones de l'Afrique de l'Ouest. Là aussi, Rony Brauman met en doute l'efficacité du processus.

>Réfléchir au long terme

Ebola doit être le moment propice pour réfléchir à la mise en place de structures sanitaires pérennes et pour réorienter les politiques. «Le déficit est dramatique et il aura fallu attendre cette situation pour pointer du doigt les faiblesses des installations dans cette région même si certains pays comme le Ghana démontre qu’il est possible d’être prêt contre ce type d’épidémie. Il s’agit donc de problèmes politiques liés à une absence d’engagement», analyse Rony Brauman.