Il était «irresponsable» de révéler que Nemmouche était un geôlier, selon l'ex-otage Didier François

MONDE Cela va permettre selon lui «d’alerter les autres ravisseurs sur le fait que les services français détiennent des éléments sur les membres de ce groupe terroriste»…

20 Minutes avec AFP

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Didier François, reporter d'Europe 1 e ex otage en Syrie est arrivé dimanche 20 avril 2014 à Villacoublay.
Didier François, reporter d'Europe 1 e ex otage en Syrie est arrivé dimanche 20 avril 2014 à Villacoublay. — AFP

La révélation dans la presse que Mehdi Nemmouche, le jihadiste tueur présumé du Musée juif de Bruxelles, avait été un geôlier des quatre journalistes français otages en Syrie «pose un véritable problème pour l'enquête», a regretté l'un d'eux, Didier François.

«Dangereux» 

«C'est irresponsable», a affirmé à Libération Didier François, journaliste à Europe 1. «Je trouve que c'est dangereux de sortir cette information. Cela pose un véritable problème pour l'enquête en cours, pour les témoins et pour les otages restés là-bas».

«Cela permet malheureusement d'alerter les autres ravisseurs sur le fait que les services français détiennent des éléments sur les membres de ce groupe terroriste ayant déjà perpétré des attentats. Du coup, ça va leur permettre de se protéger, ce qui met en danger le travail des spécialistes du contre-terrorisme et les citoyens français», a-t-il expliqué.

«Informer le public» 

Avec Nicolas Hénin, Pierre Torrès et Édouard Élias, Didier François a été retenu en otage de juin 2013 à avril 2014. Samedi, Le Monde a révélé que Medhi Nemmouche, aujourd'hui incarcéré en Belgique, «aurait été l'un des geôliers des otages occidentaux détenus» en Syrie. Cette divulgation a poussé l'hebdomadaire Le Point, employeur de Nicolas Hénin, à diffuser le témoignage de son journaliste sur sa captivité.

Dans ce témoignage écrit, et confirmé par Nicolas Hénin lors d'une conférence de presse, le journaliste affirme avoir reconnu Medhi Nemmouche comme l'un des geôliers lors de sa captivité en Syrie. Il dit avoir identifié le tueur présumé du Musée Juif de Bruxelles après l'arrestation de ce dernier en France fin mai. Nicolas Hénin a expliqué être sorti de sa réserve après les informations du Monde «pour informer le public».