Otan: Le sommet s'ouvre sur fond d'extrême tension avec Moscou

MONDE Le sommet rassemble une trentaine de chefs d'Etat et de gouvernement jeudi et vendredi à Newport, au Pays de Galles…

20 Minutes avec AFP

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Le secrétaire général de l'Otan Anders Fogh Rasmussen durant le sommet de l'Otan à Newport, au Pays de Galles, le 4 septembre 2014.
Le secrétaire général de l'Otan Anders Fogh Rasmussen durant le sommet de l'Otan à Newport, au Pays de Galles, le 4 septembre 2014. — Matt Dunham/AP/SIPA

Face à Moscou, le sommet de l'Otan devait apporter jeudi tout son soutien à l'Ukraine, au coeur de la plus grave crise entre Occidentaux et Russes depuis la fin de la guerre froide.

Au premier jour de ce sommet, qui réunit une trentaine de chefs d'Etat et de gouvernement jeudi et vendredi à Newport, au Pays de Galles, un président ukrainien Petro Porochenko affaibli va tenter d'engranger le maximum de soutien des pays membres de l'Alliance, déterminés à accentuer leur pression sur Moscou.

Mais l'autre grand dossier brûlant, la menace représentée par l'Etat islamique en Irak et en Syrie, fera aussi l'objet de réunions en marge du sommet et constituera le thème principal du dîner des chefs d'Etat jeudi soir alors que Washington tente de bâtir une coalition contre l'organisation djihadiste.

Avertissement à la Russie

Alors que l'EI a tué deux otages américains et menace d'exécuter un ressortissant britannique, le président américain Barack Obama et le Premier ministre britannique David Cameron ont réaffirmé leur «détermination à affronter» les extrémistes de l'EI, dans une tribune publiée jeudi par le quotidien The Times.

«L'Etat islamique est une menace directe pour le Royaume-Uni», a répété jeudi matin M. Cameron à la BBC, alors que Londres n'exclut plus de s'associer aux frappes américaines en Irak.

La crise ukrainienne ouvrira les débats du sommet. Dès son arrivée à Newport, le secrétaire général de l'OTAN Anders Fog Rasmussen a de nouveau appelé la Russie à cesser d'intervenir dans l'est de l'Ukraine. «Nous appelons la Russie à retirer ses troupes et à stopper le flux d'armes en Ukraine et son soutien aux militants armés», a-t-il déclaré.

Evoquant les propositions présentées la veille par le président russe Vladimir Poutine pour régler la crise, il a évoqué un «soi-disant plan de paix», traduisant le peu de crédit accordé par les Occidentaux aux propositions russes.

Plan avancé par Poutine

Ce plan de règlement en sept points du président Poutine, qualifié de «poudre aux yeux» par Kiev, doit être évoqué lors d'une réunion entre le président ukrainien Petro Porochenko et les dirigeants américain, britannique, allemand et italien, avant même l'ouverture formelle du sommet.

Petro Porochenko aura également plusieurs bilatérales dans la journée, notamment avec le président français François Hollande, dont le pays a décidé mercredi de suspendre la livraison très controversée d'un navire de guerre Mistral à la Russie.

Jeudi après-midi, la réunion de la commission OTAN-Ukraine sera l'occasion pour les 28 leaders de l'Alliance d'énoncer solennellement leur solidarité avec Kiev.

Lors d'une visite mercredi en Estonie, destinée à rassurer les pays baltes, le président américain Barack Obama avait appelé l'Alliance à soutenir «sans ambiguïté» l'Ukraine, et à prendre «des engagements concrets pour l'aider à moderniser et renforcer ses forces de sécurité».

Rien n'oblige l'Otan à défendre l'Ukraine, qui n'est pas membre de l'Alliance, mais les Occidentaux ont promis de soutenir son armée par des programmes de modernisation dans les domaines de la logistique, de la cyberdéfense, du commandement et des soins aux soldats blessés. Aucune livraison d'armes n'est envisagée malgré les appels de Kiev en ce sens.