Ukraine: Le cessez-le-feu est-il vraiment déclaré?

UKRAINE «20 Minutes» fait le point sur les derniers événements de ce mercredi...

Céline Boff

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Le président russe Vladimir Poutine serre la main de son homologue ukrainien Petro Poroshenko, lors d'un sommet à Minsk, le 26 août 2014
Le président russe Vladimir Poutine serre la main de son homologue ukrainien Petro Poroshenko, lors d'un sommet à Minsk, le 26 août 2014 — Sergei Bondarenko POOL

Le feu va-t-il cesser dans l’Est de l’Ukraine? D’après Kiev, un accord a été conclu avec Moscou, mais le Kremlin dément, tout en évoquant une possible sortie de crise à partir du 5 septembre. 20 Minutes revient sur ces derniers événements.

Que s’est-il passé? 

Vladimir Poutine et Petro Porochenko se sont bien entretenus par téléphone. Les présidents russe et ukrainien le confirment tous les deux. C’est sur la teneur des conversations que les déclarations divergent.

D’après Kiev, lors de cet échange téléphonique, un accord de cessez-le-feu a été conclu concernant le Donbass, le bassin minier de l’Est qui comprend les régions de Donetsk et de Lougansk en proie à de violents combats. Mais pour Moscou, la Russie ne peut pas décider d’une telle trêve dans la mesure où elle «n’est pas partie prenante au conflit». 

Un peu plus tard, le président russe a toutefois pris la parole, au détour d'une visite en Mongolie, pour affirmer: «Je pense qu'un accord final entre les autorités ukrainiennes et le sud-est de l'Ukraine pourrait être trouvé et fixé le 5 septembre, au cours d'une réunion du groupe de contact».

Qu’ont négocié les présidents? 

Pendant leur entretien téléphonique, les présidents russe et ukrainien ont discuté des moyens d’arriver à un cessez-le-feu dans l’Est de l’Ukraine. Vladimir Poutine a par la suite présenté un plan de règlement du conflit «en sept points». Ce programme prévoit notamment la fin des offensives de l'armée ukrainienne et des rebelles prorusses ainsi qu'un échange de prisonniers. Selon le dirigeant russe, il faut avant tout «mettre fin aux opérations offensives» dans les régions de Donetsk et de Lougansk (est).

Quelles sont les réactions? 

Pour le président américain Barack Obama, qui a entamé une visite en Estonie ce mercredi matin, «il est trop tôt» pour se prononcer sur la réalité d’un cessez-le-feu en Ukraine. L'Union européenne a manifesté la même prudence. «Si ces nouvelles (de cessez-le-feu) se confirment, ce sera une évolution positive, mais nous avons besoin de plus d'informations», a dit la porte-parole de la diplomatie de l'UE Maja Kocijancic. 

La venue d’Obama à Tallinn est destinée à rassurer les pays baltes qui craignent pour leur sécurité. La présidente lituanienne Dalia Grybauskaite s’est déjà félicitée de cette visite: «Face à l’agression russe, le ferme soutien manifesté par les Etats-Unis est extrêmement important pour les Etats baltes», a-t-elle dit dans une interview diffusée mercredi.

Où en sont les combats? 

Pour l’heure, ils continuent. D’après Kiev, l’armée ukrainienne a déploré 15 morts en 24 heures dans les combats dans le Sud-Est de la région de Donetsk, près des localités de Komsomolské, Vassylivka et Rozdolné «où l’on observe des combattants rebelles et des troupes régulières de l’armée russe». Ces accusations d’intervention militaire directe -démenties par la Russie- se multiplient ces derniers jours.

Depuis le début du conflit il y a près de cinq mois, 2.600 personnes sont mortes et plus d’un demi-million d’Ukrainiens ont dû fuir leur foyer.

Que fait l’Occident?

Il accentue sa pression sur la Russie. L’UE a menacé d’introduire dans la semaine de nouvelles sanctions contre l’économie russe, déjà au bord de la récession. Un possible boycott européen de la Coupe du monde de football en Russie en 2018 a également été évoqué dans un document de travail. De son côté, l’Australie a annoncé qu’elle ne vendrait plus d’uranium à la Russie et qu’elle n’avait pas encore pris de décision d’inviter ou non Poutine au sommet du G20 en novembre.

Mais l’événement majeur est l’ouverture, ce jeudi, du sommet de l’Otan à Newport (Royaume-Uni). L’Alliance atlantique pourrait adopter un «plan de réactivité» pour répondre au déploiement, par la Russie, d’environ un millier de soldats en territoire ukrainien. Anders Fogh Rasmussen, le secrétaire général de l’Otan, a en tout cas déclaré que son organisation pourrait déployer «en quelques jours» des milliers de soldats des armées de l’air, de terre, et de la marine, appuyées par des forces spéciales.

Selon le New York Times, l’Otan veut mettre sur pied une force de 4.000 hommes capable de répondre en 48 heures, avec le soutien de certains ex-pays du bloc soviétique comme la Pologne, aux mouvements de troupes russes.