L'Europe en forte baisse

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Les bourses asiatiques dans la tourmente
Les bourses asiatiques dans la tourmente — no credit

Les principales Bourses d'Europe ont ouvert en forte baisse lundi, affectées par la poursuite en Asie et à Wall Street du repli des marchés actions.

A la Bourse de Londres, l'indice Footsie a débuté la séance en baisse de 1,49%, tandis qu'à Paris le CAC 40 perdait 1,84% et qu'à Francfort le Dax abandonnait 1,40%. Vers 08H25 GMT, le Footsie perdait encore 1,41%, le CAC 40 1,77% et le Dax 2,27%, tandis qu'au même moment l'indice paneuropéen Eurostoxx 50 s'inscrivait en recul de 2,08%.

La bourrasque boursière mondiale a recommencé à souffler lundi sur les marchés d'Asie-Pacifique, Tokyo dégringolant de 3,34% sur fond d'appréciation marquée du yen, et sa déprime se contagiant aux autres places de la région encore sonnées par une semaine de lourdes pertes.

A la clôture, l'indice Nikkei 225 de la Bourse de Tokyo s'affichait en repli de 3,34% à 16.642,25 points, replongeant sous la barre des 17.000 pour la première fois en deux mois après avoir déjà fondu de 5,34% la semaine dernière.

De nombreux analystes s'attendent à une poursuite de la correction, et avertissent que le niveau des 16.000 points pourrait être atteint rapidement. «Il n'y a aucun signe qui permette de croire que le plongeon actuel va s'arrêter», a ainsi prédit Fumiyuki Nakanishi, stratège chez SMBC Friend Securities à Tokyo.

«Les investisseurs restent relativement calmes. Mais si cette chute continue, et cela va probablement être le cas, la panique pourrait s'emparer du marché», a-t-il averti. Selon les courtiers, ce sont les actions des grands groupes exportateurs japonais qui ont le plus souffert lundi en raison de la nette remontée du yen par rapport au dollar, qui nuit au commerce extérieur nippon.

Lundi à la mi-journée à Tokyo, un euro valait 151,92 yens contre 154,10 vendredi soir à New York, tandis que le dollar s'échangeait près de son plus bas en trois mois à 115,60 yens, contre 116,79 vendredi.

«Le yen japonais continue à bénéficier de l'aversion croissante pour le risque après les pertes sur les marchés d'actions mondiaux, qui ont encouragé les investisseurs à réduire leur exposition et à défaire leurs carry-trades», a commenté dans une note John Kiriakopoulos, stratège chez Australia Bank.

Le «carry-trade», une pratique spéculative consistant à emprunter de l'argent là où les taux d'intérêt sont bas pour le placer là où ils sont élevés, a fortement affaibli le yen ces derniers mois, le loyer de l'argent étant très bas au Japon (0,50%) par rapport au reste du monde. Les autres places d'Asie-Pacifique ont également connu une journée houleuse, faisant écho au nouveau recul de Wall Street (-0,98%) vendredi soir.

Shanghaï, dont le plongeon de près de 9% le 27 février avait sonné le début de la tempête mondiale, a terminé en recul de 1,63%.

D'après les opérateurs, le discours très attendu lundi du Premier ministre chinois Wen Jiabao devant l'Assemblée nationale populaire (parlement) n'a finalement fourni aux marchés aucune indication sur d'éventuelles mesures du gouvernement pour calmer la surchauffe de l'économie en Chine.

«Les investisseurs sont prudents car aucune nouvelle susceptible de faire bouger les marchés n'a été divulguée pendant la session parlementaire», a commenté Zhu Haibin, analyste chez Everbright Securities.

Manille a plongé de 4,54% en clôture, mais les courtiers ne s'avouaient pas paniqués. «Il n'y a pas encore de quoi s'inquiéter sérieusement. La situation est bien meilleure que le chaos boursier pendant la crise financière asiatique de 1997«, a commenté Ron Rodrigo, de chez Unicapital Securities.

A Hong Kong, l'indice Hang Seng a clôturé en repli de 4,00%. Taïpei a chuté de 3,74%, Séoul de 2,71%, Wellington de 1,57% et Sydney de 2,29%.

Selon Craig James, économiste chez CommSec à Sydney, la sévère correction entamée la semaine dernière sur les marchés mondiaux est entrée dans une nouvelle phase car de nombreux investisseurs qui pratiquaient le «carry-trade» sont en train de liquider leurs positions pour battre en retraite.

«C'est un effet boule de neige qui prouve à quel point les marchés sont intégrés dans le monde», a-t-il expliqué, ajoutant que «trop d'investisseurs essayent d'emprunter la même porte de sortie en même temps. »«Il est important de souligner que les fondamentaux sont solides. Les actions rebondiront quand ce petit jeu de la patate chaude aura pris fin», a-t-il prédit.