Ukraine: Obama en Estonie pour rassurer les Baltes et lancer un avertissement à la Russie

MONDE Le président des Etats-Unis souhaite rassurer les pays baltes face à leur voisin russe…

20 Minutes avec AFP

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Barack Obama lors de son allocution à la Maison blanche le 28 août 2014.
Barack Obama lors de son allocution à la Maison blanche le 28 août 2014. — Charles Dharapak/AP/SIPA

Le président Barack Obama est arrivé ce mercredi à Tallinn, en Estonie, pour une visite destinée à rassurer les pays baltes qui craignent pour leur sécurité alors que la Russie poursuit son opération militaire en Ukraine tout en se disant, elle, «menacée».

L'avion présidentiel Air Force One s'est posé peu avant 6h30 à l'aéroport international de la capitale de l'Estonie, ex-république soviétique qui a rejoint l'Alliance en 2004.

Dans un contexte d'extrême tension entre les pays de l'Otan et Moscou et sur fond de craintes de certains observateurs de voir un conflit à grande échelle éclater en Europe, le président américain devrait lancer un nouvel avertissement à la Russie, avant de participer au sommet de l'Otan au Pays-de-Galles en fin de semaine.

«Ajustement» de la doctrine russe

Comme pour riposter à l'avance à cette mise en garde attendue de Barack Obama et à deux jours du sommet de l'Alliance à Newport, où des décisions en réaction à la crise ukrainienne devraient être annoncées, la Russie a prévenu mardi qu'elle réagirait à la «menace», selon elle, d'un renforcement de la présence de l'Alliance près de ses frontières, accusant les Occidentaux de jouer l'escalade dans la crise ukrainienne.

Le secrétaire-adjoint du Conseil de sécurité russe a annoncé un «ajustement» d'ici à la fin de l'année de la doctrine militaire russe pour prendre en compte l'apparition de nouvelles «menaces».

Mikhaïl Popov a cité les printemps arabes, le conflit en Syrie ainsi que la situation en Ukraine alors que les Occidentaux accusent depuis une semaine la Russie d'y avoir déployé des troupes dans l'est et menacent de riposter avec de nouvelles sanctions.

«Tous les faits témoignent de la volonté des autorités des Etats-Unis et de l'Otan de poursuivre leur politique de détérioration des relations avec la Russie», a dénoncé M. Popov.

Ces propos font écho aux projets de l'Alliance atlantique d'adopter lors de son sommet de jeudi et vendredi au Royaume-Uni un plan de réactivité (Readiness action plan, RAP), en réponse à l'attitude de la Russie dans la crise ukrainienne, perçue comme une menace directe par certains membres (Etats baltes, Pologne, Roumanie, Bulgarie).

Combats près de Marioupol

Sur le terrain, l'armée ukrainienne a déploré 15 morts en 24 heures dans les combats dans le sud-est de la région de Donetsk, près des localités de Komsomolské, Vassylivka et Rozdolné «où l'on observe des combattants rebelles et des troupes régulières de l'armée russe».

Kiev et les Occidentaux accusent Moscou depuis le début du conflit, qui a fait près de 2.600 morts en près de cinq mois et forcé plus d'un demi-million d'Ukrainiens à fuir leur foyer, de soutenir les séparatistes de l'est de l'Ukraine en leur fournissant armes et combattants.

Accusations démenties par la Russie

Ces accusations d'intervention militaire directe - démenties par la Russie - se multiplient ces derniers jours, les Occidentaux estimant qu'elle aurait permis aux insurgés prorusses de reprendre une partie du territoire entre leur fief de Donetsk et la côte de la mer d'Azov et de mettre fin à la progression des forces loyalistes.

Les volontaires du bataillon pro-ukrainien Azov ont indiqué mardi avoir repoussé avec les gardes-frontières une tentative de percée des prorusses vers Marioupol, port stratégique ukrainien sur la côte de la mer d'Azov qui relie la frontière russe à la Crimée, annexée par la Russie en mars. Les combats dans le village côtier Bezimenné, à 34 km à l'est de Marioupol, ont fait un mort et un blessé.

A Donetsk, chef-lieu des insurgés, les forces ukrainiennes occupaient toujours le terminal de l'aéroport de Donetsk mardi après avoir abandonné la veille celui de Lougansk, une autre capitale régionale rebelle, mais la pression des séparatistes prorusses se renforçait, ont constaté des journalistes de l'AFP.

Faute de changement de position de Moscou, l'UE a menacé d'introduire dans la semaine de nouvelles sanctions contre l'économie russe, déjà au bord de la récession.