Somalie: Une frappe aérienne américaine contre de hauts responsables shebab

MONDE Les frappes visaient des partisans d'Al-Qaïda…

20 Minutes avec AFP

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Des soldats somaliens devant le Parlement à Mogadiscio, en mai 2014 lors d'une attaque des islamistes shebab
Des soldats somaliens devant le Parlement à Mogadiscio, en mai 2014 lors d'une attaque des islamistes shebab — Abdifitah Hasni Nor AFP

Les Etats-Unis ont frappé dans la nuit de lundi à mardi en Somalie une réunion des principaux chefs des islamistes shebab, dont leur chef suprême Ahmed Abdi «Godane», dont le sort reste inconnu pour l'instant.

«Les Américains ont mené une importante frappe aérienne visant une réunion des hauts responsables shebab, dont leur chef Abu-Zubeyr», un des nombreux alias et noms de guerre de «Godane», a expliqué mardi à la presse Abdikadir Mohamed Nur, gouverneur de la province méridionale de Basse-Shabelle visée par le bombardement.

«Ils étaient réunis pour discuter de l'offensive» lancée aux premières heures de samedi dans la Basse-Shabelle par les forces progouvernementales somaliennes, appuyées par la Force de l'Union africaine en Somalie (Amisom), dont les effectifs ont été portés à 22.000 hommes en janvier.

Supposé camp d'entraînement

L'opération américaine a «infligé des pertes aux partisans d'Al-Qaïda mais nous n'avons pas de détails dans l'immédiat», a poursuivi le gouverneur. «La zone visée était un important repaire des shebab et un camp d'entraînement pour leur kamikazes».

Interrogés par l'AFP, les shebab n'ont pas souhaité s'exprimer dans l'immédiat sur le sort de Godane ou sur d'éventuels tués dans leurs rangs après la frappe américaine.

Washington a mis à prix la tête de Godane, 37 ans, pour 7 millions de dollars. Il est l'un des 10 personnages les plus recherchés au monde par les Etats-Unis pour terrorisme.

Issu du clan Issaq du Somaliland (nord), éduqué au Pakistan, «Godane» est présenté comme ayant été formé aux armes en Afghanistan. Fluet, fuyant les objectifs, il est, au sein des shebab, l'un des partisans les plus radicaux du «djihad mondial», s'opposant aux tenants d'une idéologie «nationaliste» somalienne.

Un gouvernement fragile

Le Pentagone avait annoncé dans la nuit de lundi à mardi avoir mené une opération contre les shebab en Somalie, sans donner d'autres détails, notamment sur les moyens employés, indiquant simplement être «en train d'évaluer les résultats».

Dans le cadre de leur nouvelle offensive, baptisée «Océan Indien», les forces somaliennes et l'Amisom ont repris samedi aux shebab la localité de Bulomarer, dans la Basse-Shabelle, à environ 160 km à l'ouest de Mogadiscio, se rapprochant de leur prochain objectif avoué, Barawe, dernier grand port encore aux mains des islamistes.

Le charbon de bois que les shebab exportent de Barawe, principalement vers les pays du Golfe, leur rapporte environ 25 millions de dollars par an. Le port est donc crucial pour leur financement.

L'actuel gouvernement somalien, présenté par la communauté internationale comme le meilleur espoir de paix et de retour à un Etat depuis deux décennies, peine à asseoir son pouvoir au-delà de Mogadiscio et sa périphérie malgré les défaites militaires des shebab, qui laissent dans de nombreuses régions la place à des chefs de guerre tentant d'imposer leur propre autorité.