Accord au sommet en Côte d'Ivoire

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Une avancée historique. L'« accord politique de Ouagadougou », signé hier par le président ivoirien Laurent Gbagbo et le chef de la rébellion Guillaume Soro, fruit d'un mois de négociations sous la houlette du président burkinabé Blaise Compaoré, semble enfin acheminer le pays vers un règlement du conflit commencé en 2002. La formation d'un nouveau gouvernement d'ici à cinq semaines est le premier résultat de ce « dialogue direct » entamé au début février entre le camp présidentiel et la rébellion des Forces nouvelles (FN) qui contrôlent la moitié nord de la Côte d'Ivoire. A la tête du cabinet, Guillaume Soro, chef de la rébellion, pourrait remplacer l'actuel Premier ministre Charles Konan Banny, désigné à la fin 2005 par la communauté internationale qui était jusqu'ici largement impliquée dans le règlement de la crise.Dans ce domaine aussi, l'« accord politique de Ouagadougou » promet de tout changer. Ainsi, il prévoit la suppression progressive de la zone de confiance. Celle-ci sera « remplacée par une ligne verte » avec des « postes d'observation » occupés par les « forces impartiales dont le nombre sera réduit de moitié tous les deux mois jusqu'à leur retrait total ». Les « forces impartiales » comptent quelque 7 000 casques bleus de l'ONU et 3 500 soldats français déployés le long d'un cordon démilitarisé qui s'étire de l'est à l'ouest du pays. L'initiative a été plutôt bien accueillie à Paris, où la ministre française déléguée à la Coopération, Brigitte Girardin, a déclaré hier qu'un retrait de la communauté internationale de Côte d'Ivoire était envisageable « dès maintenant ». F. V.