Ukraine: L'armée russe se retire de l'aéroport de Lougansk, Moscou veut un cessez-le-feu immédiat

MONDE Les déclarations se multiplient alors que les représentants de l'Ukraine, de la Russie et de l'OSCE se réunissent dans la capitale bélarusse...

20 Minutes avec AFP
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Un soldat ukrainien près de Lougansk (Ukraine) le 20 août 2014
Un soldat ukrainien près de Lougansk (Ukraine) le 20 août 2014 — Anatolii Stepanov AFP

L'armée ukrainienne s'est retirée de l'aéroport du bastion séparatiste de Lougansk affirmant être attaquée par des troupes russes au moment où Moscou exige qu'un cessez-le-feu «immédiat et sans conditions» soit discuté lundi par le «groupe de contact» à Minsk.

Ce retrait de Lougansk s'ajoute à une série de revers pour l'armée ukrainienne qui semble avoir abandonné sans vraiment combattre une vaste zone du sud-est de la région de Donetsk entre le fief rebelle de Donetsk, la frontière russe à l'est et le port stratégique de Marioupol au sud, sur les bords de la mer d'Azov.

Les représentants de l'Ukraine, de la Russie et de l'OSCE se réunissent dans la capitale bélarusse au lendemain des déclaration de Vladimir Poutine évoquant pour la première fois l'idée d'un «statut étatique» pour les régions rebelles de l'Est. Un ou plusieurs représentants des séparatistes seront présents, a annoncé Andreï Pourguine, «Premier ministre adjoint» de la «République populaire de Donetsk» (DNR) autoproclamée.

Troupes russes régulières déployées

Kiev et les Occidentaux accusent la Russie d'avoir déjà déployé ses troupes régulières dans l'est de l'Ukraine, ce que Moscou dément. Le chef de la diplomatie russe Sergueï Lavrov a même assuré qu'il n'y aurait «pas d'intervention militaire russe» en Ukraine et estimé qu'un «cessez-le-feu immédiat et sans conditions» devrait être discuté lundi à Minsk.

«Tout ce que nous faisons ne vise qu'à faire avancer une approche politique» dans le règlement de la situation en Ukraine, a souligné le ministre russe.

Kiev a pour sa part fait état dans la matinée de combats entre soldats russes et ukrainiens pour défendre l'aéroport de Lougansk, l'un des capitales régionales et bastion des séparatistes prorusses.

«Les combats se poursuivent lundi entre les parachutistes ukrainiens et un bataillon de chars des forces armées russes pour défendre l'aéroport de Lougansk», a écrit Léonid Matioukhine, l'un des porte-parole militaires ukrainiens sur sa page Facebook.

Le ministre ukrainien de la Défense Valéri Gueleteï, a affirmé dimanche soir à la télévision que des troupes russes étaient également apparues à Donetsk, chef-lieu régional et fief de la rébellion prorusse.

«Nous sommes en guerre avec la Russie et c'est la Russie qui décide de ce qui se passe dans le Donbass», bassin minier qui comprend les régions de Donetsk et de Lougansk, a-t-il assuré.

Retrait des forces ukrainiennes

Le conflit dans l'est de l'Ukraine, qui a fait près de 2.600 morts depuis la mi-avril a franchi une nouvelle étape la semaine dernière après des informations concordantes sur la présence de troupes régulières russes en Ukraine, plus de 1.000 selon l'Otan.

«La situation s'est aggravée ces derniers jours, l'Ukraine faisant face à une agression directe et non-dissimulée de l'Etat voisin», a déclaré lundi le président ukrainien Petro Porochenko.

Autour de Donetsk, les signes d'un retrait des forces loyalistes ukrainiennes s'accumulent, selon un journaliste de l'AFP. Et dans le centre de la ville, aucun bombardement n'a été entendu dans la nuit.

Alors que les insurgés ont repris l'initiative et semblent préparer une nouvelle grande offensive, Vladimir Poutine a évoqué dimanche pour la première fois un «statut étatique» pour les régions séparatistes.

Dans ce contexte, le président américain Barack Obama se rend mercredi en Estonie, ex-république soviétique, avec un objectif: mettre Vladimir Poutine en garde contre la tentation de s'en prendre à un pays de l'Alliance atlantique, aussi petit soit-il.

«Statut étatique» évoqué par Poutine

Il sera les 4 et 5 septembre au sommet de l'Otan au Royaume-Uni, où une rencontre est prévue avec le président ukrainien. Kiev qui a relancé son projet d'adhésion à l'Otan attend une «aide pratique» et des «décisions cruciales» de l'Alliance à l'issue du sommet.

La Commission européenne doit pour sa part commencer ce lundi à travailler sur de nouvelles sanctions contre la Russie après un sommet extraordinaire samedi lors duquel les dirigeants de l'Union européenne ont exigé que la Russie «retire toutes ses forces militaires» du territoire ukrainien.

Ces mesures doivent être présentées d'ici à la fin de la semaine aux dirigeants européens, qui prendront une décision «en fonction de l'évolution de la situation sur le terrain».