Première livraison d'armes allemandes aux Kurdes

IRAK L'Allemagne va faire une première livraison d'armes, aux Kurdes pour les aider à lutter contre l'Etat islamique dans le nord de l'Irak

20 Minutes avec AFP

— 

Un combattant kurde Peshmerga.
Un combattant kurde Peshmerga. — A.AL-RUBAYE / AFP

L'Allemagne va faire une première livraison d'armes, 30 missiles antichars et de plusieurs milliers de fusils d'assaut, aux Kurdes pour les aider à lutter contre l'Etat islamique dans le nord de l'Irak, a annoncé dimanche soir le gouvernement allemand.

«La situation en Irak est extrêmement critique»

«La situation en Irak est extrêmement critique. Il est du devoir de la communauté internationale de soutenir ceux qui sont persécutés», a déclaré la ministre de la Défense, Ursula von der Leyen, au cours d'une conférence de presse commune à Berlin avec son homologue des Affaires étrangères, Frank-Walter Steinmeier, à l'issue d'une réunion de plusieurs ministres concernés autour de la chancelière Angela Merkel.

«Nous ne devons pas rester à l'écart», a renchéri Frank-Walter Steinmeier, mettant en garde contre la menace des jihadistes de l'Etat islamique, non seulement pour l'Irak et les régions voisines, mais aussi pour l'Europe et l'Allemagne.

La valeur de ces livraisons d'armes prélevées dans les réserves de l'armée allemande est de 70 millions d'euros, précise le ministère de la Défense, sur son site internet.

Selon Ursula von der Leyen, les premières livraisons d'armes allemandes pourront permettre d'équiper d'ici à fin septembre environ 4.000 soldats.

Outre les missiles et les fusils d'assaut, l'Allemagne compte notamment livrer des pistolets, des grenades, des tentes, des casques, des gilets pare-balles, selon une longue liste publiée par le gouvernement allemand.

Des livraisons «l'évolution des besoins»

Au total, les livraisons allemandes se feront en trois temps et pourront être adaptées à l'évolution des besoins, a précisé Ursula von der Leyen.

Le gouvernement allemand a précisé que si une formation au maniement des armes fournies était nécessaire, elle aurait lieu en principe en Allemagne.

A titre d'exemple, Mme von der Leyen a ainsi cité la formation au maniement des missiles antichars. Une semaine est nécessaire et les soldats seront formés en Allemagne, a-t-elle dit.

«Seules quelques heures d'explications sont nécessaires»

«En principe, pour la majeure partie du matériel qui est sur la liste, seules quelques heures d'explications sont nécessaires», a précisé la ministre. Dans ce cas-là, ces explications pourront être données à Erbil (Kurdistan irakien) et dans ses environs, où sont livrées les armes.

Malgré la très forte opposition de la population, le gouvernement allemand avait brisé le tabou des livraisons d'armes dans des zones de conflit en décidant le 20 août d'aider militairement les combattants kurdes.

Plusieurs pays, dont les Etats-Unis, l'Italie, la France et le Royaume-Uni, se sont déjà engagés à fournir des armes aux forces kurdes.

Angela Merkel devait expliquer cette décision a posteriori lundi devant les députés qui ont convoqué un session extraordinaire d'une demi-journée du Bundestag, la chambre basse du parlement.

Les élus participeront à un vote, purement symbolique : non seulement la coalition gouvernementale conservateurs/sociaux-démocrates dispose d'une écrasante majorité de 504 sièges sur 631, mais en plus l'autorisation du Bundestag n'est pas nécessaire tant qu'il n'est pas question d'envoyer des troupes.