Ukraine: L’UE prête à durcir les sanctions contre Moscou

MONDE Un conseil européen est organisé dans l'après-midi à Bruxelles en présence du président ukrainien Petro Porochenko….

C.P. avec AFP

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Le président ukrainien Petro Porochenko et le président de la Commission européenne José Manuel Barroso en conférence de presse à Bruxelles avant le Conseil européen le 30 août 2014.
Le président ukrainien Petro Porochenko et le président de la Commission européenne José Manuel Barroso en conférence de presse à Bruxelles avant le Conseil européen le 30 août 2014. — Geert Vanden Wijngaert/AP/SIPA

La crise ukraine «la plus grave depuis la Guerre froide » est plus que jamais au cœur des préoccupations des leaders européens. C’est d’ailleurs sur ce dossier que les  les leaders européens socio-démocrates réunis ce samedi matin à Paris ont démarré ce samedi matin à Paris, a expliqué François Hollande lors d’une conférence de presse à l’Elysée.

«Mépris permanent de la Russie pour ses obligations internationales»

La situation sur place est en effet de plus en plus confuse. Le responsable séparatiste Alexeï Mozgovoï a affirmé samedi que les insurgés contrôlaient désormais près de 50% du territoire des régions de Donetsk et Lougansk après les récents succès de leur contre-offensive, dont les Occidentaux soupçonnent la Russie d'être à l'origine par l'envoi de troupes régulières dans l'est de l'Ukraine.

Le secrétaire général de l'Otan, Anders Fogh Rassmussen, a condamné ce qu'il a qualifié de «mépris permanent de la Russie pour ses obligations internationales». Le président en exercice de l'OSCE, le Suisse Didier Burkhalter, a, lui, exprimé sa préoccupation face aux «informations» faisant état de l'arrivée de troupes russes.

Pour une «élévation» du niveau des sanctions

Face à cette situation le président français a indiqué samedi que les sanctions contre la Russie «seront sans doute augmentées ce [samedi]soir» lors du Conseil européen à Bruxelles et que «la Commission européenne devra travailler à l'élévation de leur niveau».

Une déclaration qui rejoint la position défendue au même moment par le président de la Commission européenne José Manuel Barroso, qui a mis en garde samedi contre un «point de non-retour» dans le conflit ukrainien : «Nous sommes dans une situation très dramatique», a déclaré José Manuel Barroso à l'issue d'une rencontre avec le président ukrainien Petro Porochenko, qui demande à l'UE une «aide militaire d'envergure». «Nous pourrions nous retrouver dans une situation où nous arriverions à un point de non-retour si l'escalade se poursuit», a-t-il ajouté, en souhaitant que les dirigeants soient prêts à prendre de nouvelles sanctions contre la Russie.

«Nous voulons la paix, pas la guerre», a assuré de son côté Petro Porochenko, lors d’une conférence de presse à Bruxelles, mais «nous sommes trop près de la frontière où il n'y aurait pas de retour», a-t-il lui aussi souligné, en accusant de nouveau la Russie d'avoir envoyé des troupes et des chars sur le territoire ukrainien.

«Aujourd'hui, nous parlons du sort de l'Ukraine, mais demain ce pourrait être celui de la sécurité et de la stabilité de l'Europe», a-t-il estimé. «Je peux dire que l'agression russe ne restera pas sans réponse de l'UE», a déclaré Petro Porochenko, qui doit informer dans l'après-midi les chefs d'Etat et de gouvernement de la situation sur le terrain dans l'est de l'Ukraine.