Lesotho: Le Premier ministre dit avoir été évincé par un coup d'Etat

MONDE Dans un entretien accordé à la BBC, Thomas Thabane annonce avoir été contraint de fuir en Afrique du Sud...

20 Minutes avec AFP

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Le Premier ministre du Lesotho Tom Thabane à Washington lors d'un sommet des chefs d'Etat africains, le 5 août 2014
Le Premier ministre du Lesotho Tom Thabane à Washington lors d'un sommet des chefs d'Etat africains, le 5 août 2014 — Brendan Smialowski AFP

La fragile coalition gouvernementale de ce petit royaume enclavé en Afrique du sud n'aura duré que deux ans. Selon le Premier ministre du Lesotho Thomas Thabane le gouvernement vient en effet d'être renversé par un coup d'Etat.

«J'ai été évincé non par le peuple mais par les forces armées et c'est illégal», a déclaré samedi Thomas Thabane à la radio britannique quelques heures après, selon un ministre du gouvernement de Maseru, la prise le contrôle par l'armée du quartier général de la police du petit royaume enclavé dans l'Afrique du Sud.

«Je suis arrivé en Afrique du Sud ce matin et je ne repartirai que lorsque ma vie ne sera plus en danger», a-t-il ajouté.

Le gouvernement «sain et sauf»

Par ailleurs, les unités de l'armée qui avaient brouillé les transmissions radio et téléphoniques du Lesotho et investi des points stratégiques de la capitale Maseru se sont retirées samedi à la mi-journée, a affirmé à l'AFP le ministre des Sports Thesele Maseribane.

«Ils ont quitté le QG de la police et sont rentrés dans leur caserne. Ils ont saisi tous les véhicules de police», a-t-il déclaré, «ils ont aussi quitté la résidence du Premier ministre».

Le ministre qui s'exprimait par téléphone et n'a pas dit où il se trouvait avait auparavant déclaré avoir réussi à fuir après avoir été prévenu de l'imminence d'un coup d'Etat.

«Le Premier ministre et moi-même, et tous les ministres, nous sommes sains et saufs», a poursuivi M. Maseribane, qui est également le chef de l'un des partis de la fragile coalition qui gouvernait le pays depuis les élections de 2012.

Il a cependant reconnu  que la situation restait dangereuse avec «des gens armés courant dans Maseru».

Coalition fragile

Le royaume formé en grande partie de hauts plateaux pauvres est gouverné par une fragile coalition depuis les dernières élections qui ont eu lieu il y a deux ans.

Les partenaires avaient frôlé un éclatement de leur alliance en juin mais étaient parvenus à un accord qui éloignait au moins temporairement une crise majeure ou le risque d'un coup d'Etat militaire qui avait inquiété l'Afrique du Sud.

Mais des médiateurs avaient exprimé des doutes sur la solidité de la coalition, estimant qu'elle ne durerait pas jusqu'aux prochaines élections prévues en 2017.