Kerry appelle à une coalition pour combattre les jihadistes en Syrie et Irak

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John Kerry, le secrétaire d'Etat américain, le 28 juillet 2014 à Washington lors d'une conférence de presse
John Kerry, le secrétaire d'Etat américain, le 28 juillet 2014 à Washington lors d'une conférence de presse — Paul J. Richards AFP

Le secrétaire d'Etat américain John Kerry a plaidé en faveur d'une large coalition mondiale pour lutter contre les jihadistes de l'Etat islamique (EI), qui multiplient les exactions dans les territoires dont ils se sont emparés en Syrie et en Irak.

Le roi Abdallah d'Arabie saoudite a prévenu les pays occidentaux qu'ils seraient la prochaine cible des jihadistes, en l'absence d'une réaction «rapide». «Si on les néglige, je suis sûr qu'ils parviendront au bout d'un mois en Europe, et un mois plus tard en Amérique», a-t-il mis en garde.

Parallèlement, alors que le conflit en Syrie devient de plus en plus complexe, des combats ont opposé samedi sur le plateau du Golan des rebelles syriens à des Casques bleus philippins, tous «sains et saufs», selon Manille.

Dans une tribune dans le New York Times, M. Kerry a appelé à une «réaction conjuguée conduite par les Etats-Unis et la plus large coalition de nations possible» contre l'EI, qui a multiplié les atrocités ces dernières semaines, avec notamment la décapitation du journaliste américain James Foley.

Le chef de la diplomatie américaine a précisé qu'il chercherait, avec le secrétaire à la Défense Chuck Hagel, à former cette coalition lors des discussions avec ses partenaires occidentaux en marge du sommet de l'Otan, prévu au Pays de Galles les 4 et 5 septembre. Les deux hommes se rendront ensuite au Moyen-Orient afin de rallier des soutiens «parmi les pays qui sont le plus directement menacés».

- 'Cancer de l'EI'-

«Nous ne permettrons pas au cancer de l'EI de s'étendre à d'autres pays. Le monde peut affronter ce fléau, et au bout du compte le vaincre», a-t-il assuré, en dénonçant les intentions «génocidaires» de l'EI.

Le président américain Barack Obama a reconnu cette semaine que les Etats-Unis, qui mènent depuis le 8 août des frappes aériennes contre les jihadistes dans le nord de l'Irak, n'avaient «pas encore de stratégie» pour lutter contre l'EI en Syrie.

Mais M. Kerry a souligné que M. Obama proposerait un plan d'action contre l'EI lors d'une réunion du Conseil de sécurité de l'ONU, dont son pays prend la présidence en septembre.

Face à la menace représentée par ce groupe sunnite extrémiste, les six monarchies arabes du Golfe se réunissent samedi à Jeddah, en Arabie saoudite, dont le roi a appelé lui aussi agir contre l'EI, «le terrorisme ne connaissant pas de frontière».

La Grande-Bretagne a de son côté relevé vendredi, pour la première fois depuis 2011, à «grave» son niveau d'alerte, le quatrième niveau sur une échelle de cinq.

«Avec l'Etat islamique, nous sommes confrontés à la menace la plus grave que nous ayons jamais connue», a déclaré le Premier ministre britannique David Cameron.

Les Etats-Unis en revanche n'envisagent pas pour le moment de relever leur niveau d'alerte, n'ayant pas «connaissance d'une menace spécifique et crédible de l'Etat islamique sur le sol américain».

- Les Casques bleus attaqués -

Sur le terrain, en Syrie, des Casques bleus philippins ont affronté samedi matin des rebelles syriens qui les encerclent depuis jeudi sur le plateau du Golan, a annoncé le gouvernement philippin.

Alors que 72 Casques bleus étaient bloqués sur deux positions par des rebelles, qui exigeaient qu'ils déposent leurs armes, l'un des deux groupes de soldats a pu être exfiltré mais le second a été «l'objet d'une attaque», a déclaré le ministre philippin de la Défense, Voltaire Gazmin.

Le porte-parole de l'armée, le lieutenant-colonel Ramon Zagala, a précisé à l'AFP que les soldats «étaient tous sains et saufs».

En outre, 44 Casques bleus fidjiens sont toujours retenus par des rebelles, selon l'ONU qui tente d'obtenir leur libération. Washington a notamment pointé du doigt le Front al-Nosra, la branche syrienne d'Al-Qaïda.

En bientôt trois ans et demi, les violences en Syrie, où l'EI est apparu en force en 2013, ont fait 191.000 morts selon l'ONU et poussé plus de la moitié des habitants à fuir leurs foyers.

En Irak, où l'EI s'est emparé de zones à l'ouest de Bagdad en janvier et a lancé une offensive fulgurante en juin au nord de la capitale, plus de 1,6 million d'Irakiens ont été déplacés cette année par les violences, dont 850.000 durant le seul mois d'août.

Dans ce pays, l'attention se concentre actuellement sur la ville chiite turcomane d'Amerli, au nord de Bagdad, assiégée depuis plus de deux mois par l'EI et contre laquelle les forces de sécurité se préparent à lancer un important assaut, selon des officiers.