Syrie: Les djihadistes exécutent 160 soldats, soumettent des otages au supplice de la noyade

SYRIE Une vidéo filmée par des djihadistes et mise en ligne sur des sites djihadistes montre des hommes, présentés comme des soldats, capturés puis exécutés dans une zone désertique...

M.C. avec AFP

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Une plaque de métal taillée en forme de soldat au sommet d'un vieux bunker sur le plateau du Golan, le 28 août 2014.
Une plaque de métal taillée en forme de soldat au sommet d'un vieux bunker sur le plateau du Golan, le 28 août 2014. — Ariel Schalit/AP/SIPA

Réputé pour sa cruauté, l’Etat Islamique, groupe extrémiste sunnite né en 2006 en Irak sous un autre nom et réapparu avec toute sa force en 2013 en pleine guerre en Syrie, a proclamé fin juin un califat islamique sur les régions conquises dans ce pays et en Irak.

Après avoir été accusé de décapitations, persécutions et crucifixions, il est de nouveau passé à l’acte en exécutant mercredi et jeudi plus de 160 soldats syriens dans la province de Raqa (nord) qu’il contrôle, selon Rami Abdel Rahmane, directeur de l’Observatoire syrien des droits de l’homme (OSDH).

Au moins quatre otages soumis à la simulation de noyade

Au moment de cette annonce, une vidéo filmée par des jihadistes et mise en ligne sur des sites djihadistes montrait des hommes, présentés comme des soldats, capturés puis exécutés dans une zone désertique. Sur les premières images, des dizaines de jeunes gens marchent sur une route désertique, en sous-vêtements, pieds nus, mains sur la tête, encadrés par des jihadistes armés dont l’un porte l’étendard de l’EI.

Ensuite, après un gros plan sur plusieurs corps empilés, la caméra filme un peu plus loin une interminable ligne de dizaines de corps gisant côte à côte, face contre le sol. Une dizaine d’hommes, qui semblent être des habitants de la région, les regardent. Selon Abdel Rahmane, les soldats abattus par balles ont été capturés lors de la prise de la base 17 à Raqqa fin juillet, de celle de l’aéroport militaire de Tabqa dimanche dans la même province, et lors de leur fuite de l’aéroport vers la localité d’Esraya, plus au sud.

Selon le Washington Post, au moins quatre otages détenus à Raqqa par les djihadistes de l’Etat islamique, parmi lesquels James Foley, le journaliste américain exécuté par ce groupe, ont été soumis à la simulation de noyade. «Ils savaient exactement comment faire», indique une source. D’autres sources qui ont travaillé à la libération des otages ont confirmé à l’AFP qu’au moins un otage avait été soumis à la simulation de noyade. Cette technique a été utilisée par la CIA lors de ses interrogatoires de suspects après les attentats du 11-Septembre.